Demande d’autorisation d’exploiter l’EPR de Flamanville : risquée, aberrante et prématurée

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centrale nucléaire

Un article du groupe thématique Énergie de la France insoumise dans le cadre de la consultation publique sur la demande d’exploitation de l’EPR de Flamanville 3.Vous pouvez retrouvez le dossier évoqué dans l’article à cette adresse.

Les 18 pages de la demande d’autorisation d’exploiter l’EPR de Flamanville 3 constituent un document fort léger, vague, qui ne fait pas état de la situation du chantier, des enjeux et des conséquences du démarrage alors que le réacteur 1 de la centrale de Taishan connaît une défaillance majeure depuis plusieurs mois, que le réacteur d’Olkiluoto n’a pas démarré, qu’écarts et malfaçons ne se comptent plus sur le site normand et que 14 années après la délivrance du décret d’Autorisation de création, le démarrage effectif de l’EPR n’interviendra pas avant 2023, voire 2024.

Sur la forme du document et sa légèreté (et sans vouloir être exhaustif) :

  • Les capacités techniques d’EDF quant à la construction de l’EPR sont – au pire – surévaluées : l’EPR et l’ensemble des réacteurs français, ont été construit par des consortiums (Framatome, AREVA) indépendants d’EDF. Le fait qu’EDF ait été contraint d’absorber AREVA NP devrait également rendre EDF responsable des retards de construction des EPR d’Olkiluoto et de Flamanville.
  • Pour illustrer les capacités d’exploitant d’EDF, qu’il soit permis de rappeler les milliers d’incidents survenus sur les réacteurs du parc français : erreurs humaines, dépassement de délai de maintenance, matériels de remplacement inadaptés, directives contradictoires, etc.
  • Les affirmations sans éléments de démonstration ou de preuve comme « le risque de fusion du cœur a été divisé par 10 », alors qu’il n’a jamais été évalué pour les réacteurs de génération II, sont peu crédibles
  • Le fait que le rendement est estimé à 37%, ce qui est la limite du crédible lorsque l’on connait les principes de la thermodynamique. Et qui n’est pas crédible, sachant que l’EPR démarrera avec de l’Oxyde d’Uranium, et non du MOX (mélange d’oxydes), comme prévu (en 2007) pour atteindre les fameux 37%
  • L’affirmation d’un taux de disponibilité de 91%, en supposant la réalisation d’opérations de maintenance à pleine puissance, alors que pour le parc existant, la disponibilité promise à 85% n’a jamais pu être achevée.

Sur le fond du document :

  • Il est risqué de demander une autorisation d’exploiter alors que le chantier de l’EPR n’est pas achevé, quand les découvertes régulières de malfaçons ou d’erreurs retardent le moment effectif du démarrage, au point que le décret d’autorisation de création de 2007, valable pour 10 ans, a dû être modifié (rallongement du délai de 10 ans) par deux fois, sans aucune justification.
  • Il est prématuré de demander une autorisation d’exploitation alors que maître d’ouvrage ne sait quand démarrer l’exploitation en question, en tout cas pas avant 3 ans, semble-t-il.
  • Il serait même aberrant de donner une telle autorisation d’exploitation alors que l’Autorité de Sûreté Nucléaire ne s’est même pas encore prononcée sur le dossier concernant les piquages non conformes du circuit primaire de l’EPR.

On ne peut que faire le rapprochement avec le cas de Fessenheim, pour lequel le président François Hollande a pris le décret d’arrêt des deux réacteurs par anticipation (de trois ans), pour faire croire à la réalisation de la promesse de fermer Fessenheim durant son mandat. Cette autorisation d’exploiter l’EPR, prématurée, risquée, aberrante, aurait-elle d’autre but que de faire croire au pseudo-démarrage de l’EPR durant le présent mandat présidentiel ?

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