Consultation populaire : 20 contributions à ne pas manquer

Retrouvez ci-dessous 20 résumés d’entretiens recueillis par des insoumises et insoumis partout en France. Pour raconter le vôtre, c’est ici. Pour tout savoir sur la Consultation populaire, c’est là.

Thème : L’urgence écologique

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Algérien arrivé en France en 2013, il ouvre son restaurant de produits locaux en 2018 en Seine-et-Marne.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

La difficulté de trouver des fermes locales, de vivre de leur travail agricole

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Mettre en réseau les fermes, proposer son local pour faire connaître les produits locaux

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Interpeller des élu·es et/ou l’administration

Précisez

Organiser des événements culturels pour faire connaître la richesse de leur territoire

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Une directive européenne

Précisez

Adaptez les subventions et fiscalités européennes et françaises en fonction non pas de la quantité de production mais en fonction de la qualité : locale, pesticides, règles sociales, …

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Engager la réforme agraire pour faciliter l’installation des jeunes agriculteurs en limitant la concentration des terres et la course à l’agrandissement et créer 300 000 emplois agricoles grâce à des prix rémunérateurs et une refonte de la PAC

Vous avez parlé de cette consultation ailleurs : 
 

Thème : L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Gestionnaire de salle multimédia, secrétaire de direction, conceptrice de site web. Devenue AESH suite à situation personnelle (enfant handicapé qui ne peut aller en centres de loisirs et ayant des soins depuis la naissance.)

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

C’est un métier très enrichissant (moralement!), plus que nécessaire à l’inclusion des élèves handicapés. Suivant le type de handicap, le niveau de l’élève, le niveau de classe, il faut constamment s’adapter. Cette année, par exemple, je prends les cours pour l’élève, je l’aide à trouver les ressources pour devenir au maximum autonome. Il faut aussi gérer le relationnel avec les autres élèves, avec les personnes en général. J’ai dû, pour d’autres élèves, prendre des coups pour éviter qu’ils n’en frappent d’autres, me faire mordre, griffer, cracher dessus. C’est une réalité.

Suivant les établissements, la considération est très différente. J’ai travaillé dans 5 écoles (élémentaire et primaire) et un collège. Il était évident que chaque établissement nous considère différemment. Il n’est pas rare qu’on m’ait «  demandé » de faire «  dame pipi » ou ATSEM, voire de tenir un atelier, car « il est calme pour l’instant. » Tout ceci ne fait pas partie de mes missions et j’ai toujours refusé. On peut rendre service, mais pas au détriment de l’enfant qu’on suit. #Une autre difficulté est d’ordre médical : nous devons suivre des enfants présentant un ou plusieurs handicaps, mais nous ne sommes que très rarement au courant de ceux-ci. Les familles ne font pas toujours le lien entre les professionnels de santé et nous.

Enfin, le salaire est dérisoire par rapport à nos missions. Je suis en CDD de 3 ans, renouvelable 1 fois. Le salaire de base de référence 801.68 (pour un 20h c’est 650.75 net/mois), indice majoré 329.

Avec les collègues AESH, les contacts sont bons, constructifs, faciles (dans l’établissement dans lequel je travaille). Ce n’est pas partout pareil. Les contacts avec la famille sont corrects. Quant à l’éducation nationale, on n’a pas vraiment de contact avec l’institution.

Pour améliorer la situation des AESH, il faudrait déjà que tout soit réellement bien appliqué. Il est préconisé, dans le guide des AESH, qu’une rencontre entre l’enfant, la famille, l’enseignant, la direction et l’AESH se fasse, pour préparer la rentrée, le travail durant l’année scolaire, cela ne se fait pas. Autre exemple, nous ne devons jamais rester seul(e) avec un élève. Or, il n’est pas rare qu’on doive sortir l’enfant ou qu’on doive rester seul pour différentes raisons. Il faudrait également une rémunération décente. Avec un salaire, on ne vit pas, on survit. Nous n’avons aucune prime, même si nous travaillons dans des REP ou REP+.

Il faudrait améliorer la formation des enseignants, des professeurs, leur donner les outils, rendre plus facile la relation entre l’équipe enseignante, l’équipe médicale et les parents. Nous former aussi, voire même avant de commencer dans l’établissement.

Une véritable inclusion doit être proposée à ces enfants. Obliger un enfant autiste, sensible aux bruits, aux personnes, à passer 24 h en maternelle, en élémentaire et en collège est beaucoup trop lourd. J’associe cela à de la maltraitance. C’est valable pour tous types de handicap. Ça demande un effort constant aux enfants/élèves pour « faire comme les autres ». Il faut respecter leurs rythmes et les inclure de façon progressive

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Une proposition de loi

En quelques mots, détaillez sa proposition :

- Augmenter les salaires des AESH

- Améliorer la formation des AESH et des enseignants sur la question du handicap

- Proposer un véritable statut pour les personnels AESH des écoles

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Titulariser les personnels d’accompagnement des élèves en situation de handicap et recrutement pour renforcer les capacités d’accueil et d’accompagnement

Yves, médecin généraliste en milieu rural

Thème : L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Exerce la médecine générale depuis plus de 30 ans. Président du pôle santé d’Etain. Le pôle santé recrute des professionnels de santé

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Manque de médecin généraliste dans le milieu rural. Désengagement de l’État par le biais de l’Ordre des médecins. Vigilance face à la télémédecine qui ne résout pas le problème de manque de médecin. Le problème de la télémédecine c’est qu’il n’y a pas d’examen ni de continuité de soins. On observe une généralisation de cette pratique très lucratif pour certains médecins (5 minutes de consultation= 25e). Problème des gardes de nuit dans le secteur rural. Avant les médecins avaient un secteur de 5 à 10km, ce qui leur permettait d’être sur place avant les secours et d’administrer les premiers soins. Le délais d’intervention favorisait les prises en charge. Aujourd’hui le secteur est de 25 à 30km. Le délais d’intervention est beaucoup plus important et les chances de suivis moindre. L’augmentation du secteur est corrélé avec le manque de médecin et la volonté de moins indemnisés les médecins pour leur sortie en « nuit profonde » ( entre 00h et 5h)

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Il a créé un pôle médical (association) avec tous les professionnels de santé pour recruter d’autres praticiens, en leur trouvant des locaux, des logements, les écoles pour leurs enfants.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Une proposition de loi

En quelques mots, détaillez sa proposition

Une proposition de loi sur :

- la suppression du numerus clausus

-l’aide à l’installation en milieu rural des jeunes médecins

-encadrer la télémédecine pour garantir la continuité des soins ( code de déontologie)

-clarifier le cadre juridique entre sanction juridique et sanction de l’ordre des médecins -

instaurer un quota de médecins de campagne salarié par l’État

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Combler les déserts médicaux, créer des centres de santé pratiquant le tiers payant et revenir sur la refonte de la carte hospitalière imposée par la loi Santé de 2019

Thème : L’urgence sociale

 

 

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

 

 

Son métier

 

 

Quel est son parcours ?

 

 

Plus de trente ans d’expérience dans l’accompagnement des jeunes : Conseillère d’éducation, puis, pendant 9 ans, formatrice en insertion professionnelle au service de formation adulte d’un CFPPA (centre de formation professionnelle agricole), et depuis 2001, conseillère emploi-formation et chargée de projet en Mission locale.

 

 

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

 

 

Sur les 10 dernières années, l’insertion et la politique jeunesse sont devenues un enjeu politicien, comme par exemple l’immigration, au sens où on en parle beaucoup, dans un but de communication politique, plus que de réelle prise en compte des problématiques de la jeunesse. C’est devenu totalement technocratique, et on se moque du pourquoi et du comment. Un reporting permanent de chaque acte est exigé pour valoriser la réussite supposée de tel ou tel outil – et donc de son promoteur- mais il n’y a plus de vrais bilans locaux de l’efficacité de l’action conduite. Le système de pilotage des usines a été généralisé aux services sociaux : ça ne fonctionne pas. Cela produit une tendance à écarter le public qui risquerait de plomber les résultat (exemple : jeunes sortant d’HP). Ainsi s’instaure de fait une exclusion, non dite et hétérogène sur le territoire. Le changement des outils d’accompagnement s’accélère, il n’y a pas de continuité.

 

 

Les professionnels de terrain ne sont pas consultés sur les décisions, bien souvent impossibles à mettre en œuvre dans la réalité. L’avis des jeunes n’est jamais pris en compte, bien qu’on en parle depuis 20 ans. A l’origine, les missions locales avaient en charge l’accompagnement global des jeunes, avec un objectif de qualification. Maintenant les attentes sont de leur trouver un travail le plus vite possible, sans prise en compte de la personne dans son contexte, sans s’intéresser au projet du jeune, ni à l’aspect qualitatif de l’insertion. La garantie jeunes a le mérite d’exister, mais a plusieurs limites : le montant alloué est trop faible (RSA), et les moyens d’accompagnement humains sont insuffisants, notamment pour organiser les temps collectifs prévus. De plus les jeunes les plus en difficultés ne peuvent pas s’engager directement dans un parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA), ils restent donc dans l’attente sans solution et sans moyens de subsistance. Quand au RSA jeunes, il touche si peu de public compte tenu des conditions, qu’il n’a pas d’utilité. Dans le contexte de la crise du Covid, il y a plus de jeunes demandeurs d’emploi, et seuls ceux qui sont immédiatement employables, c’est à dire ont de l’expérience, peuvent trouver un travail. Et probablement, la situation va s’aggraver. Le sens même de l’insertion des jeunes dans le monde du travail se perd, quand ce monde est en souffrance et qu’il est soumis au stop and go. Cela interroge des question de type revenu universel.

 

 

Le service civique sert de stage rémunéré aux titulaires d’un diplôme d’études supérieures, c’est devenu une forme de bénévolat défrayé. Pour les associations, cela remplace les emploi aidés, en coûtant moins cher à l’État. Dans le principe, le service civique devrait être réalisé par tous. Au final les politiques en direction des jeunes se sont multipliées, mais sans transparence sur leur effet réel, et surtout sans l’avis des jeunes. Les professionnels sur le terrain doivent se débrouiller seuls, face à décisions floues voire inapplicables ; le travail collectif qui permettait auparavant de travailler ce flou en commun n’existe plus. Par ailleurs, les missions locales devant prendre en compte la situation globale du jeune, dont ses éventuelles problématiques de santé notamment psy, ne peuvent plus le faire du fait de l’état des services de santé, aujourd’hui dans l’incapacité de jouer leur rôle. La santé psychologique des jeunes est de plus en plus préoccupante, d’autant que l’insécurité financière l’aggrave. Les jeunes ont besoin de temps avec des adultes : de temps d’écoute, d’accompagnement, et dans les entreprises, de tutorat. Et il n’y a pas assez de personnes pour répondre à ce besoin. Or le temps d’attente de prise en charge est délétère : pendant ce temps la situation du jeune se dégrade, sur tous les plans. Enfin les réformes récentes de la formation ont conduit à un système complètement opaque ; toutes les offres de formation sont en théorie disponibles sur des portails internet ; mais lorsqu’un jeune ne parvient pas à s’inscrire, personne ne sait pourquoi ni comment faire ; tout se passe comme si ces offres n’étaient pas réelles. De plus ces offres de formations sont ciblées sur les besoins du marché du travail, mais pas sur la qualification des jeunes. En résumé, les missions locales ne peuvent plus assurer leur mission d’origine, à la fois pour des raisons de gouvernance, d’absence de pragmatisme et de continuité des politiques d’insertion, d’insuffisance de moyens humains, de décrépitude des services de santé, d’instabilité du marché de l’emploi et d’opacité de l’offre de formation.,

 

 

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

 

 

Angèle continue malgré tout d »assurer un accompagnement global, partant de la personne, avec son projet et ses objectifs (souvent à construire) et son contexte. Elle bricole des solutions comme elle peut, en l’absence de collectif de travail, grâce à son expérience et son réseau.

 

 

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

 

 

Une proposition de loi

 

 

Précisez

 

 

Allocation formation de 800€ pendant trois ans

 

 

En quelques mots, détaillez sa proposition :

 

 

1/ Refonder les missions locales : Les missions locales sont nécessaires pour l’accompagnement global des jeunes mais doivent être refondées ; elles doivent être obligatoires sur tout le territoire ; leur gouvernance et leur fonctionnement doivent être revus : les jeunes et les professionnels de terrain doivent être parties prenantes, et les élus locaux prendre moins de place ; elle doivent être correctement financées (la moitié de l’énergie passe à trouver des financements comme toutes les associations) ; le rôle de chacun des partenaires dans la prise en charge de chacun des publics doit être précisé et unifié sur le territoire, avec un engagement clair et stable ; la formation et l’outillage des professionnels doivent être renforcés.

 

 

2/ Créer un vrai droit à la formation, égal pour tous : - avec une offre de formation pérenne, lisible et transparente sur son accessibilité - avec un budget formation identique pour tous, dont les coûts réels des formations réalisées à partir de 16 ans seraient défalqués ; ce système seraient plus juste et mettrait fin aux renoncements aux études dues à l’absence de moyens ; le budget de base pourrait être calé sur une scolarité à Louis-le-Grand + classes préparatoires + ENA…

 

 

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

 

 

Créer un service citoyen obligatoire

 

 

Autre mesure :

 

 

Créer 40 000 contrats jeunes

Thème : L’urgence écologique, l’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier, Une initiative intéressante, Son engagement (associatif, politique, syndical)

Quel est son parcours ?

Pascal a repris l’exploitation agricole de ses parents. A 35 ans, il a opéré une conversion en bio, adhéré à la Confédération paysanne et réussi à rentabiliser puis sauver le site.

Initialement adhérent à la FNSEA, Pascal la quitte à 30 ans, lorsque les responsables syndicaux lui recommandent d’arrêter la production agricole, au nom de son exploitation « trop petite » de 50 hectares. Il rencontre à la Confédération paysanne un autre son de cloche, avec des homologues qui l’encouragent à persister et estiment qu’il a un avenir. Il découvre alors l’univers du bio, qui l’intéresse et offre une alternative à la stratégie alors promue par la FNSEA et les pouvoirs publics : la « diversification », qui consiste à multiplier les activités parallèles en plus de la production agricole (gîtes, maison d’hôtes, stockage de marchandise ou de véhicules… autrement dit, cumuler l’activité déjà éprouvante d’exploitation avec une seconde activité au nom de la survie !).

A la tête de 91 hectares, il appartient aux « petits » du département. Désormais, à 57 ans, il s’interroge sur la transmission de l’exploitation, suspendue à la volonté de reprise par ses enfants. Il éprouve une fierté d’être paysan, car il ne connaît pas de subordination directe à un capitaliste qui lui dicterait son emploi du temps et ne subit pas les choix d’une personne pour la simple raison qu’elle détient de l’argent.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

L’Yonne est un grand département agricole, constitué de fermes céréalière très concentrées. Le poids de la FNSEA y est déterminant dans la conduite des politiques agricoles : ainsi, sous influence des lobbies, les 3 députés de l’Yonne ont voté la réintroduction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. La FNSEA empêche de bouger dans l’agriculture et bloque tout progrès écologique, pour les producteurs comme pour les consommateurs. Ils ne parlent qu’au nom des paysans les plus riches.En défendant ainsi les betteraviers, ils défendent l’agriculture la plus productiviste et la moins imaginative. En face, le ministère n’est pas au niveau de compétence nécessaire pour promouvoir des solutions alternatives, rappeler qu’on a mangé des betteraves durant des siècles en faisant autrement et qu’il est nécessaire de traiter aux pulvérisateurs lorsque des pucerons sont présents plutôt que de traiter globalement dans le doute. Comme si on avait besoin de produire autant de sucre et que Cristal Union était en danger, alors que leur résultat net est en remontée depuis le Covid.

L’agriculture lui paraît aujourd’hui méprisée. Dès qu’il allume la météo, il voit des présentateurs.rices se réjouir des fortes chaleurs à 30°C, appelant l’audimat à bien s’enduire de crème solaire, sans penser une seconde que cela signifie la mort des cultures dans plein de régions de France. La situation des agriculteurs, dans son exceptionnalité, a disparu des écrans et des préoccupations. De plus, il est impossible aux agriculteurs de faire grève, car l’importation depuis l’étranger suffirait à les briser.

D’ailleurs, le nombre d’agriculteurs est en chute libre, divisé par cinq depuis 1970. La période 1947-1984 s’est singularisée par des prix garantis, ce qui assurait la survie, mais au prix d’une concentration des terres et d’une diminution drastique du nombre de producteurs. Les SAFER tentent tant bien que mal de contrôler le foncier, mais leur impératif de rentabilité limite la capacité de régulation. En outre, les aides aux premiers hectares sont bien trop faibles pour encourager des exploitations viables, puisqu’ils plafonnent à 52. Quant à l’activité même, elle s’est transformée dans le sens d’une bureaucratisation. Un nombre croissant de formulaires, de fichiers et de documents viennent parasiter les tâches opérationnelles et agricoles, notamment sous influence de la PAC. Cela allonge les journées (dans son cas) ou obligerait à rogner sur l’application donnée aux champs.

Les prix de vente sont actuellement trop faibles pour subsister. Les intermédiaires ponctionnent largement, mais les producteurs sont sous-payés. Il faut des prix garantis, pour toujours vendre au-dessus des coûts. Surtout qu’on ne pourra pas demander l’effort bureaucratique, la transition agroécologique et la baisse des rendements à des paysans acculés à la misère.

Les assurances constituent une autre dimension dangereuse du métier agricole. Largement subventionnées au niveau européen, elles assurent les producteurs vis-à-vis de rendements historiques, eux-mêmes en baisse. Lui-même a été assuré avec seulement 6 mois de préavis que son assureur allait doubler la contribution mensuelle, ce qui l’a poussé à passer chez Axa, laquelle l’a revendu à Suisse Grêle. De plus, le lobby des betteraviers pro-néonicotinoïdes nuit à tout le monde : ils prétendent que le problème du moment est lié aux pucerons, pas à la sécheresse, ce qui permet aux assureurs de se défausser pour tout le monde !

La banalisation du bio l’inquiète également. Désormais, il est plus présent dans les rayons de supermarché que dans les revendeurs spécialisés, car tout le monde prétend collecter du bio, noyant et liquidant les pionniers les plus exigeants. Le passage conséquent d’agriculteurs conventionnels en bio (de 3% à 11% des agriculteurs Yonnais en 6 ans), incité par la FNSEA, signe l’échec du cahier des charges bio : l’éthique a disparu, ce n’est qu’une autre manière de faire des profits, pour des exploitants qui ne s’en soucient guère. Même des exploitants massifs de poules pondeuses industrialisées peuvent afficher le label bio.

Cette intensification de la concurrence sur le créneau du bi est alimentée par des versements asymétriques de subvention (certains agriculteurs de l’Ouest du département sont conventionnés bio par l’EPIC Eau de Paris, qui protège ses sources de pompage, leur octroyant un avantage financier) et la suppression des aides au maintien (-13 000€ l’année dernière).

La stratégie globale de l’agriculture française, fondée sur des avantages comparatifs d’une région à l’autre, conduit à l’échec. On fixe en effet les problèmes à un endroit et les moyens complémentaires de les résoudre à un autre. La Bretagne, par exemple, accueille une proportion démentielle de vaches dont la concentration qui polluent, tandis que l’Yonne en manque drastiquement pour désherber. Le réchauffement climatique vient parachever les difficultés actuelles et plaider pour une transformation agricole, car l’organisation des cultures ne peut pas subsister à des pics de 5°C au-dessus des moyennes saisonnières.

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Lorsqu’on est insatisfait de cet état des lieux, il n’y a pas d’autre choix que quitter la FNSEA et adhérer à la Confédération Paysanne, qui porte une autre vision de l’agriculture. Il exerce à ce titre un mandat la chambre d’agriculture Bourgogne-France-Comté et lutte implacablement contre l’influence de la FNSEA.

En terme productif, il vend à la coopérative bio du département (première 100% bio de France), qui commande en amont des productions à échéances pluriannuelles, en fonction des prévisions de vente. Une partie des excédents sert à financer des caisses de solidarité ou de la formation professionnelle, tout en garantissant des rémunérations justes. Actuellement, il cultive du blé meunier, des pois, des lentilles et du petit épeautre. Par ailleurs, il va plus loin dans les normes bio que ne l’impose le cahier des charges légal, en adhérant au label de certification privé Bio Cohérence.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Une directive européenne, Une proposition de loi

En quelques mots, détaillez sa proposition :

- S’opposer vigoureusement contre les lobbies en diversifiant les voix agricoles audibles, en finançant les associations/organisations alternatives et en luttant politiquement contre la FNSEA, aussi bien au sein du ministère que dans la PAC.

- Encourager l’installation en milieu rural avec la volonté de changer les choses.

- Stopper la concentration des terres en dotant les SAFER, en révisant les aides (réévaluer l’aide aux premiers hectares, a minima jusqu’aux 100 premiers) et en stoppant la priorité accordée au locataire (une bonne intention initiale) dans le transfert des terres, au-dessus d’un certain nombre d’hectares, par exemple 90 - ceci, afin que les propriétaires soucieux de passer en bio ne soient pas bloqués par les familles agricoles.

- Faciliter la reprise de fermes : il faut aujourd’hui avancer parfois plus d’un million d’euros pour reprendre une exploitation, ce qui met hors-jeu beaucoup de bonnes volontés.

- Rétablir l’aide au maintien du bio.

- Intégrer des normes éthiques au cahier des charges européen du bio.

- Étendre le régime d’assurance Grande calamité, au-delà des prairies permanentes et de l’arboriculture.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

- Imposer les circuits courts, la vente directe, la transformation sur place pour relocaliser l’agriculture

- Plafonner les marges de la grande distribution par un coefficient multiplicateur limité pour garantir des prix rémunérateurs aux producteurs et interdire les ventes à perte pour les agriculteurs

- Engager la réforme agraire pour faciliter l’installation des jeunes agriculteurs en limitant la concentration des terres et la course à l’agrandissement et créer 300 000 emplois agricoles grâce à des prix rémunérateurs et une refonte de la PAC

Thème : Autre

Précisez : L’éducation

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son engagement (associatif, politique, syndical)

Précisez : Co-secrétaire départementale de la FSU

Quel est son parcours ?

Eloïse a toujours été engagée (« c’est de famille »). A l’UNEF puis la FSU, au PCF, à la LCR, au NPA et aujourd’hui à la France insoumise. Elle est professeure d’anglais en collège dans l’Indre. Elle a rejoint la France insoumise à l’issue de la campagne menée par Châteauroux Citoyen (son dernier engagement politique était le NPA) et elle est depuis devenue la co-secrétaire départementale de la FSU.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Avec Éloïse, nous avons beaucoup parlé de l’Éducation nationale. Elle évoque les classes surchargées et le problème particulier que cela pose en période de Covid. Elle demande un recrutement de professeurs pour y faire face mais elle pose le problème de la « crise des vocations ». Elle raconte l’histoire de ces nombreux enseignants qui veulent démissionner à peine après avoir commencé à travailler parce qu’ils s’attendaient à pouvoir enseigner une matière qu’ils aiment et se retrouvent à devoir « faire la police dans des classes surchargées », travailler 40, 50 et même 70h par semaine quand il y a conseil de classe, le tout pour un salaire faible (1500 euros à l’entrée dans la carrière).

Éloïse nous a aussi expliqué que l’un des problèmes centraux à ses yeux était l’obsession de la note des élèves qui tue la participation et est comme un couperet pour beaucoup. Elle prône une éducation nationale qui forme des citoyens, non des gens adaptés au monde de l’entreprise qu’on note dès le plus jeune âge. Dernier point évoqué : les aides pour les élèves en situation de handicap. Actuellement il s’agit de contractuels. Éloïse prône la création d’un statut à part entière au sein de l’éducation nationale. Elle explique aussi le nécessaire besoin de formation. Elle a décidé de rejoindre le livret « éducation » de LFI pour porter ces différentes propositions.

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

La lutte ! Eloïse est syndiquée et militante de tous les combats !

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Une proposition de loi

En quelques mots, détaillez sa proposition

- Sortir du « tout note » pour faire progresser les élèves plutôt que seulement les noter

- Former les assistants pour les élèves en situation de handicap et les recruter avec un statut au sein de l’éducation nationale

- Refaire de l’école le lieu de la formation des citoyens et non l’antichambre du monde de l’entreprise

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Recruter au moins 60 000 enseignant-e-s supplémentaires sur 5 ans et mettre en place un dispositif de pré-recrutement pour favoriser l’accès au métier d’enseignant par les jeunes issus de milieux populaires

Titulariser les personnels d’accompagnement des élèves en situation de handicap et recrutement pour renforcer les capacités d’accueil et d’accompagnement

Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique y compris les cantines

Réaffirmer le rôle des professeur-e-s d’EPS dans la transmission d’une éducation physique obligatoire pour toutes et tous

Vous avez parlé de cette audition ailleurs :

 

Thème : L’urgence sociale

Quel est son parcours ?

Études de marketing digital. Licence dans sa ville d’origine puis Master à Paris.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Difficultés d’être étudiant :

Qu’as-tu rencontré comme difficultés pour mener à bien ton projet d’étude ?

« La recherche d’une alternance et les aides financières pour assurer une stabilité de vie entre étude et factures ». « J’ai vu des amis étudiants renoncer en cours d’année par manque de moyens »

Qu’est-ce qui aurait pu t’aider au quotidien pour étudier sereinement ?

« Des aides autres que celles de ma famille. En licence je vivais chez mes parents, donc ça allait. En Master, mes parents m’ont aidé pour la nourriture et le loyer, mon salaire d’alternant ne suffisait pas. Je logeais en banlieue, mon école étant à Paris, aucune aide possible »

Comment est actuellement ta situation financière ?

« Je viens de signer mon CDI, ma situation financière va s’améliorer »

Racontes nous ta pire galère d’étudiant

« Voir partir des potes d’études, car pas d’alternance et plus assez d’argent pour vivre »

L’AEC propose une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans d’une durée de 3 ans qu’en penses-tu ?

« Excellente idée afin d’alléger les étudiants du poids des charges de travail et du loyer »

L’AEC propose également la construction de logements étudiants. Est-ce une mesure indispensable pour les étudiants ?

« Vitale, je dirais même. Se logeait et se nourrir sont les principales préoccupations des étudiants »

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Crédit pour financer ses études, Aides familiales . Il a du partir étudier à Paris pour trouver une alternance, car dans sa ville de province, très peu d’offre d’alternance dans son domaine d’études.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Une proposition de loi

Précisez

Un vrai statut étudiant doit voir le jour, émancipateur.

Développer les résidences inter générationnelles

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Instaurer une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, sous réserve d’une formation qualifiante et sous condition de ressources

Construire 200 000 logements publics par an pendant 5 ans aux normes écologiques

Thème : L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son engagement (associatif, politique, syndical)

 

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Elle expose comment l’on peut diminuer le traitement médicamenteux de personnes déficients mentales ou psychotiques, grâce à des jeux, d’accompagnement lors de sorties culturelles, etc.,

 

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

- Sorties culturelles

- Divers jeux littéraires ou scientifiques

- Écoutes personnalisées, dialogues

- Prise en compte de la personnalité unique de chaque malade

 

Qu’est-ce que la personne auditionnée propose de faire ?

S’organiser ensemble :

Exposer son exemple d’art thérapie pour étendre ce type de traitement humaniste

 

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Protéger les biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises. Ils doivent être gérés démocratiquement : le droit de propriété doit être soumis à l’intérêt général, la propriété commune protégée et les services publics développés

 

Vous avez déjà parlé de cette audition ailleurs :

 

Thème : Autre

Précisez : Le monde de la culture

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Jeune retraité de l’action culturelle, Emmanuel a toujours été technicien, longtemps en Maison de la Culture (de 1976 à 1986), puis intermittent, toujours syndiqué à la CGT. La culture est chez lui une tradition familiale, chant, danse, théâtre en mateurs et en famille. Sa grand-mère allait une fois par mois à l’opéra à Chalons sur Saône.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Emmanuel déplore qu’on doive « démocratiser la culture » parce qu’il est issu d’un monde où la culture populaire existait vraiment. Il constate que l’argent envahit de plus en plus son monde. La culture ne doit pas être rentable, il est normal qu’on y investisse de l’argent public mais il doit être contrôlé. Les comités d’entreprises et les foyers ruraux ne font plus que de la billetterie. La loi n’est pas respectée : la plupart des intermittents devraient être des salariés permanents. Pourquoi autrefois y avait-il de nombreuses troupes permanentes, ce qui n’existe pratiquement plus aujourd’hui ? Dans les grosses structures, 60% du budget va dans la com.

Qu’est-ce que la personne auditionnée propose de faire ?

Mettre les associations au cœur de l’action culturelle sur tout le territoire dans l’espace public.

En quelques mots, détaillez sa proposition :

Favoriser la création d’une véritable culture populaire en partant de l’existant et en soutenant les petites structures locales. Emmanuel pense qu’on ne devrait pas dans le programme parler d« entreprises culturelles » car il faut soustraire le monde de la culture du monde de l’entreprise et de la concurrence. Il demande que l’État réforme les DRAC et se donne les moyens d’éradiquer les utilisations frauduleuses du statut d’intermittent pour le réserver aux artistes qui en ont vraiment besoin. Pour Emmanuel, notre programme ne fait pas assez de place à la culture populaire régionale. Dans l’exception culturelle par exemple, il faut aussi défendre les langues régionales.

Élaborons ensemble le programme !

Mesures proposées :

Titulariser les précaires et les permittent·e·s du service public de la culture et de l’audiovisuel.

Pérenniser le régime des intermittent·e·s du spectacle

Soutenir les structures de création et de production

 
 
Thème : L’urgence sociale, L’urgence démocratique
 

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son engagement (associatif, politique, syndical)

Précisez

L’une des cheffe du mouvement des Gilets jaunes dans l’Indre

Quel est son parcours ?

Carole est formatrice pour les pompiers et elle fait le marché en tant que maraîchère le samedi matin pour compléter ses revenus. C’était une personne sans engagement politique, qui n’avait plus confiance dans les institutions de notre pays, plus confiance dans les politiciens. Quand le mouvement des Gilets jaunes a commencé, elle s’y est investie pleinement. Elle est rapidement devenue l’une des figures départementale du mouvement dans l’Indre (36). Dans les manifs, elle a rencontré des insoumis. Sceptique au début (comme avec tous les mouvements politiques), elle a fait des recherches sur notre programme et a finalement décidé de rejoindre LFI. Pendant le confinement, elle a aussi organisé la production de masques et leur distribution gratuite.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Nous avons interrogé Carole pour qu’elle nous parle des revendications du mouvement des Gilets jaunes et de son action pour produire et distribuer gratuitement des masques pendant le confinement. Carole a d’abord décrit le rejet de la politique, le dégoût qu’inspiraient les politiciens au mouvement des Gilets jaunes. Elle a insisté sur le terme « apolitique ». Un mouvement « apolitique ».

Elle a expliqué aussi comment la revendication pour le RIC est devenue centrale dans le mouvement face au blocage du gouvernement. Elle parle de « RIC en toute matière » ou de « RIC CARL », CARL pour « Constituant, Abrogatoire, Révocatoire, Législatif ». Elle est aussi favorable à la mise en place du vote en ligne pour permettre à plus de gens de voter et pour que ça coûte moins cher.

Carole a aussi parlé de la question sociale. Quand nous avons parlé du SMIC et dit la proposition de la France insoumise de le porter à 1400 euros, elle a dit que les GJ proposaient davantage : 1500.

Nous avons aussi beaucoup parlé de l’impôt. Le rétablissement de l’ISF est une bonne mesure demandée par les GJ. L’abrogation du CICE transformé aussi. Concernant la refonte de l’impôt en 14 tranches, les GJ n’allaient pas jusqu’à ce niveau de détail, mais en revanche deux choses ont été exprimées : 1) l’attachement à l’impôt comme outil de partage de la richesse, 2) la perte de sens de cet outil (« on ne sait plus où va l’argent) et le sous-financement du service public. Enfin, Carole a également exprimé des choses sur les taxes, et en particulier pour la TVA. Elle estime que tous les produits de première nécessité devraient avoir une TVA réduite.

Dernier sujet : la production de masques en tissus gratuits pendant le confinement. Carole a été l’une des organisatrices de « Masques solidaires 36 ». 60 personnes ont travaillé, pendant le confinement, à cette production et à l’envoi partout (Châteauroux, l’Indre, Marseille, Lille, Clermont…) de ces masques gratuits. Elle explique que le gouvernement n’a pas du tout aidé ces initiatives, qu’il n’a pas réquisitionné les entreprises textiles pour faire de même et que c’est incompréhensible. Elle a heureusement reçu le soutien des pouvoirs publics locaux, notamment la mairie de Déols.

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

Manifestations, auto-organisation

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Une proposition de loi, un référendum

Précisez

Mesure phare : il faut une 6e République pour mettre en place le RIC en toute matière.

Autres mesures pour compléter l’Avenir en commun :

- Mise en place du vote en ligne (avec les outils de contrôle correspondants)

- Augmentation du SMIC à 1500 euros

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Convoquer un référendum (article 11 de la Constitution) pour engager le processus constituant (modalités de la composition de l’Assemblée constituante – mode de scrutin, parité, tirage au sort et incompatibilités ; modalités de la délibération ; association des citoyen-ne-s aux travaux…)

Porter immédiatement le SMIC mensuel à 1400 euros nets pour 35h contre 1219 euros en 2020

Vous avez déjà parlé de cette audition ailleurs :

Thème : L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Il exerce ce métier depuis 24 ans, il est sous CDI à temps partiel sur 6 jours (7h/12h30) dont parfois le dimanche. Son temps de trajet domicile/travail est d’1h environ (AR). Sa rémunération se situe aux alentours de 1 110€ net plus des primes ponctuelles.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Les constats de cette personne : plus de vie privée du fait de la fatigue physique, de la pression hiérarchique, ainsi que des horaires.S entiment de frustration, relations avec collègues « a minima » du fait de la résignation de ceux ci, pas d’organisation collective (syndicats…) au plan local pour les mêmes raisons. Selon lui, manque d’effectifs, rémunération dérisoire, organisation managériale déficiente tant vis à vis du personnel que du magasin lui même.

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Récemment, prise de contact avec le syndicat CGT du département voisin pour défendre des prises de position professionnelles vis à vis de sa direction.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

De l’auto-organisation (action, manifestation,…) / Une proposition de loi

Précisez

Discussion avec les collègues et les clients pour prise de conscience. Revoir les besoins en effectifs, les rémunérations, les horaires de travail (amplitude dans la journée et en nombre de jours) notamment le travail du dimanche matin. Humaniser les relations professionnelle, revoir le système hiérarchique.

Thème : Autre

Précisez : Le handicap

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Aide-soignante de 1993 à avril 2010 dans divers établissements et service (EHPAD, centre de réeducation, chirurgie viscérale, chirurgie orthopédique, cancérologie …) Puis nouvelle formation, Brevet Professionnel Jeunesse Education Populaire Sport. Employée dans un Foyer D’Accueil Médicalisé, public accueilli personnes polyhandicapées et depuis deux ans en poste dans un accueil de jour. Public accueilli : en grande partie des travailleurs ESAT à temps partiel en raison de leur fatigabilité ou capacité de concentration ainsi que d’anciens travailleurs ESAT.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

La question du handicap relève encore trop souvent du domaine privé c’est encore presque toujours des associations de parents qui sont à l’origine des projets de création de structure et autre. Le nombre de place en établissement est toujours très loin d’être suffisant. C’est vrai pour tous les établissements hébergement comme pour le nombre de place en accueil de jour. C’est un véritable parcours du combattant pour les parents vieillissants confrontés à leurs propre handicap dû à l’age de s’octroyer des temps de pause, faute de place pour accueillir leur enfant adulte handicapé. Il est donc urgent de créer davantage de place dans les accueils de jour et de créer des lieux de séjours de courtes durées. Malgré les préconisation des ARS concernant « les zéro sans solution » et la possibilité pour toute personne en situation de handicap d’avoir un parcours répondant à son projet de vie et l’accès au soin, il est impossible de répondre aux besoins de tous faute de structure, de place et de personnel suffisamment formé. Il faut repenser les équipes pluridisciplinaires en accordant une place importante aux soins, à la culture et à un encadrement sécurisé.

Depuis quelques années on voit apparaître de nouveaux handicaps souvent appelés « handicap social » Ces handicaps sont souvent les conséquences d’enfance difficile. A l’âge adulte, ces personnes sont souvent recrutées comme travailleurs ESAT. Il sont en effet souvent beaucoup « rentable » ayant moins de difficulté d’ordre physique. Dans le même temps le nombre de place en ESAT n’augmente pas et ces établissements qui étaient autrefois des lieux de travail protégés changent d’orientation pour devenir des entreprises rentables et n’auront plus la possibilité de se dévouer à leurs fonction première. Concernant la vie sociale et affective des personnes en situation de handicap, il est grand temps de légiférer, comme cela se fait déjà dans d’autres pays voisins.

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

Concernant les moyens d’action, il existe des lois que nous nous employons à essayer de faire appliquer, mais les moyens qui nous sont donnés pour le faire sont extrêmement limitatifs.

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Interpeller des élu·es et/ou l’administration / Une proposition de loi / Un référendum

Précisez

Créer des places en établissements médico-sociaux. Créer des lieux d’accueils d’urgence et de cours séjours. Donner une lisibilité plus importante de tous les documents aux personnes en situations de handicaps avec la création de pictogrammes nationaux concernant tous les domaines en plus de la langue des signes et autres moyens de communications.

 
Thème : L’urgence sociale
 

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Une initiative intéressante

Quel est son parcours ?

Electricien-monteur, activité dès ses 16 ans, Jean-François Couy se consacre désormais à la solidarité. Formé à l’action sociale par le Secours catholique, il a été décoré de la médaille de Paris pour son action dans la distribution de repas et la domiciliation à Sainte-Marthe (Paris), à destination des SDF et demandeurs d’asile. Installé depuis plusieurs années dans l’Yonne, son engagement aux côtés des plus pauvres ainsi que sa connaissance fine du terrain se sont traduits par une nomination comme administrateur au Centre intercommunal d’action sociale Yonne-Nord. Malgré sa reconnaissance comme travailleur handicapé au titre d’un diabète, il travaille du matin au soir pour les ménages précaires des environs, en attendant la retraite - toujours repoussée malgré ses 179 trimestres.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Il note la baisse des solidarités depuis 25 ans. Les dons reculent, la stigmatisation ordinaire s’accroît, la suspicion à l’égard des allocataires explose et les remarques blessantes à l’égard des bénéficiaires s’intensifient. Le conseil départemental encourage cette dynamique, en créant des brigades spécialisées de contrôle des allocataires du RSA, surveillant les contrats d’engagement réciproque (en réalité unilatéral…) qui obligent les bénéficiaires à rechercher un emploi, sauf à être radiés. En conséquence, de nombreux individus se détournent de leur droit. Ce mécanisme de non-recours est renforcé par le contexte rural, où la honte frappe les personnes assistées, qui s’évertuent à ne rien demander, par fierté ou par honneur.

L’action publique elle-même souffre d’être traversée de croyances et de mythes à propos de la pauvreté. Nombre d’acteurs de l’aide sociale sont convaincus que l’emploi, le gain financier, servent à régler la pauvreté. Or, dans de nombreux cas, cela ne représente pas la solution pour des gens en souffrance, en incapacité, déconnectés des rythmes de vie ordinaires, dont les habitudes ont été détruites. Certains entrent en dépression, se coupent du monde, ou ne savent plus comment se comporter en extérieur. Beaucoup d’individus qu’il a encadré dans de l’emploi associatif nécessitaient un suivi, par exemple psychologique et sanitaire, avant d’exercer une activité salariée. Pousser vers l’emploi à tout prix abîme les personnes qui n’en ont provisoirement pas les capacités, abaisse l’estime de soi, provoque les échecs à répétition et les invite à se détourner du collectif. Ils n’ont aucun lieu où parler, échanger et rencontrer des tiers : leurs seuls interlocuteurs les contrôlent ou les stigmatisent. Ce type de configuration aboutit à la montée de l’extrême-droite : dans sa commune, le RN a atteint 33% des suffrages au premier tour des élections présidentielles.

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Depuis son installation dans l’Yonne, il dirige une épicerie solidaire dans le village rural de Perceneige, entouré par 53 communes dans un rayon de 15 kilomètres. La commune a fourni le bâti en échange de travaux de rénovation. Il y entrepose des produits de consommation (alimentaire, hygiène…) à destination d’une soixantaine de personnes en grave détresse financière ou en exclusion sociale. Cinq matins par semaine, il récupère et stocke des produits donnés par un magasin Carrefour riverain (invendus) et un maraîcher local (dons). Puis, il accueille les ménages bénéficiaires pour leur fournir le minimum vital. Il distribue un journal pour faire connaître l’épicerie solidaire, récolte des dons de particuliers pour les frais de fonctionnement et mobilise des travailleurs gratuits (par exemple un technicien pour changer les ventilateurs de chambre froide). Ainsi, il peut compenser l’absence de subventions publiques depuis 2 ans.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Une proposition de loi

Jean-François identifie plusieurs séries de mesures urgentes :

- 1) Auto-organisation / créer des lieux de sociabilité à destination des personnes en précarité ou en pauvreté. Ils ont besoin de parler, discuter et échanger loin des autorités de contrôle ou du regard des classes moyennes. L’argent ne résout pas les problèmes essentiels de ces personnes : le besoin d’entourage, de dialogue et d’amour. Bien sûr, il est plus simple de les réunir en traitant également le problème financier, comme dans le cas d’une épicerie solidaire qui redistribue des produits sans rapport caritatif : les bénéficiaires ne reçoivent pas de la main de ceux qui donnent.

- 2) Interpeller les élu.es / peu de maires transmettent les informations sur ce type de lieu, souvent absents des bulletins municipaux. Il importe donc, dans chaque commune, de recenser et diffuser au niveau de la mairie les informations, la localisation et les coordonnées des lieux d’échange social.

- 3) Une proposition de loi / intégrer un accompagnement psychothérapique ou psychologique dans le traitement administratif. Les problèmes psychiques des allocataires ne sont jamais traités, mais sont résumés à une injonction à l’emploi. L’accès à une psychothérapie lui apparaît la clé pour soulever bien des difficultés : il faut en proposer gratuitement aux bénéficiaires d’aide sociale.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

- Lutter contre le non-recours aux droits sociaux et civiques par la simplification des démarches et des critères et le retrait de contreparties pour l’attribution du RSA, qui sera de nouveau financé par l’État. Mobiliser les volontaires nationaux pour inscrire ou réinscrire 100 % de la population majeure sur les listes électorales et vérifier ses droits sociaux.

- Renforcer la médecine du travail : obligatoire pour les chômeurs au-delà de 6 mois’, ‘Instaurer une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, sous réserve d’une formation qualifiante et sous condition de ressources

- Augmenter l’Allocation aux adultes handicapés (902 euros de base aujourd’hui) au niveau du SMIC pour les personnes en situation de handicap dans l’incapacité totale de travailler

Thème : L’urgence écologique, L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier, Son engagement (associatif, politique, syndical)

Quel est son parcours ?

Ingénieur d’études au CNRS-UREC ( Unité Réseaux du CNRS - Lyon),
Développeur d’applications de e-learning au CAREL, co-Directeur de
l’association Framasoft, à l’origine d’une grande initiative baptisée « 
Dégooglisons Internet », de la démarche « Contributopia » et du collectif d’hébergement des CHATONS.

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

Ce qu’on fait aujourd’hui c’est donc des actions directes, concrètes,
en direction du public et sans aucune aide finalement de la puissance publique. Exemple : des ateliers de sensibilisation au numérique libre et ouvert comme Contributopia.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Interpeller des élu·es et/ou l’administration / Une directive européenne / Une proposition de loi

Précisez

Prendre des engagements législatifs et politiques clairs accompagnés enfin d’actes

Face au capitalisme et au capitalisme de surveillance, il faut
encourager le développement de secteurs numériques basés sur un système marchand plus sain autour de la vente de prestations de services et de non de logiciels. Il faut aussi considérer le libre comme une chose fragile à valoriser et à soigner, l’accompagner de financements adéquats et stopper la signature de marchés avec les GAFAM et autres TPE/PME européennes et extra-européennes non-éthiques, ne développant (par exemple) aucune solutions libres.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Promouvoir une économie numérique vraiment collaborative

Garantir que la dématérialisation des services publics et la
transformation numérique des administrations ne soit jamais un obstacle à l’accessibilité par les citoyen·ne·s, en développant notamment la co-conception des services administratifs numériques

Vous avez parlé de cette audition ailleurs :

Thème : L’urgence écologique

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

David L. était confortablement installé dans un poste à responsabilités importantes au sein d’une entreprise de BTP faisant de la construction durable, à énergie positive. Après un long moment de réflexion, il a souhaité mettre ses idéaux écologiques en accord avec sa personnelle et professionnelle et a décidé, en co-gestion, de créer une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), plus précisément une épicerie bio, local, et 0 déchet.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

La situation est la suivante : il faut aider les gens à changer d’habitudes, car le dérèglement climatique s’avance et il faut des actes concrets, notamment sur les questions alimentaires et agricoles. L’idée est de s’adresser aux militants, mais aussi aux citoyens qui sont plus éloignés des questions écologiques. Il fait remarquer que le maillage territorial est quelque chose qui manque

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

- S’inspirer du GRAP (groupement d’alimentation de proximité) de la région lyonnaise entre différentes sociétés qui décident de travailler ensemble. Aides sur les outils numériques, de la comptabilités etc et cela repose sur une adhésion en fonction du CA des boîtes qui adhèrent. Mais ils sont quand même de subventions.

- Mettre en place une SCIC pour favoriser l’économie sociale et solidaire, et sortir des logiques de profits purs et de dividendes.

- Développer des partenariats avec des agriculteurs et des producteurs locaux.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Une proposition de loi

Précisez

1) Sur la planification : il faut développer la formation pour trouver les gens qui peuvent participer aux portages de projets et sur les aspects plus techniques. Nécessite de la formation agricole pour sortir des futurs producteurs respectant l’environnement.

2) Sur les consignes : il faut des structures qui permettent de mutualiser entre différentes structures car chacun dans son coin, cela met en danger le modèle économique des entreprises. L’état, via ses collectivités peut mettre en place des filières profitables pour tous (entrepreneurs, producteurs de bières ou autres, et pour l’environnement).

3) Encourager les reconversions via le foncier grâce à l’action des maires, et la mise en place de PLU qui le permettent. Encadrement du marché immobilier et favoriser l’ESS via des plafonnements de loyers.

4) Baisse de la TVA sur les produits de 1ère nécessité, pour une juste rémunération pour tout le monde. Avec le local, ils baissent aussi leur propre marge pour aider les producteurs locaux. Forme de solidarité. En faisant en sorte que ce soit l’ESS qui en bénéficie mais pas la grande distribution.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Rendre obligatoire (dans cet ordre de priorité) le recyclage, le compostage ou l’incinération avec récupération de l’énergie produite pour tous les déchets, généraliser les consignes dans les commerces

Réduire la TVA sur les produits de première nécessité et réinstaurer une « TVA grand luxe » pour financer ces baisses

Soutenir la création de coopératives de consommation en lien direct avec les producteurs

Faire reculer la publicité dans l’espace public

Thème : Autre
 

Précisez : Urgence et planification sanitaire

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Paul est médecin contractuel réanimateur en hôpital public. Il s’intéresse beaucoup aux questions de l’économie de la Santé, de l’avenir du soin en France. Il travaille également sur les questions d’addictologie et la prise en charge des patients dans ce domaine.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Au front durant la première vague car travaillant en réanimation avec un dévouement extrême des personnels de santé. On a eu la preuve que gérer l’hôpital comme une entreprise provoque des choses graves notamment en période de crise.

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Interpeller des élu·es et/ou l’administration / Une proposition de loi

Précisez

Nécessaire de faire de la planification.

1) Pour éviter les engorgements des hôpitaux, il faut que les gens n’y arrivent pas et ça passe par le fait qu’ils ne tombent pas malade (que ce soit sur les masques, l’alimentation et plein d’autres domaines). Il y a 13 ans d’espérance de vie en moins pour les 5% les plus pauvres par rapport au 5% les plus riches ( à la naissance ou à 35 ans, donc exposition à des facteurs de risques sur toute la vie).

a) Plan alcool : il faut que ça devienne une priorité, c’est 41 000 décès par an en France. Il y a une carence de l’accès au soin sur ces pathologies. Dans son hôpital en 2019, il y a 8% des arrivées en hospitalisation et 20% en réanimation liées à l’alcoolisme. En termes de coûts, c’est énorme et en termes de santé aussi. Manque de moyen car pour 8% de l’activité hospitalière, il y a seulement 40% d’un temps plein (0.4 ETP) de médecin pour faire face. Il faut accepter de se battre contre les lobbies… Le problème, c’est que les malades arrivent trop tard et ce n’est pas en réanimation qu’on peut sauver 15 ans d’alcoolisme qu’on aurait pu éviter. La réanimation, c’est à la base fait pour les accidents notamment.

b) Plan alimentation : enjeux croisés avec l’écologie et l’agriculture mais on peut l’aborder via la santé. Il faut orienter la population sur de l’alimentation plus saine pour éviter l’obésité, et le diabète par exemple. Le surpoids est une cause directe d’admission en service hospitalier. En réanimation, l’obésité est très fréquente (voir la CoVid et co-morbidité). Arrêter la pub et la promotion de l’alcool dans l’espace public c) Sécurité sociale de l’alimentation : voir la proposition de Bernard Friot sur la sécurité sociale de l’alimentation. Monter sur le modèle de la sécurité sociale une politique permettant de conventionner des producteurs, payés à la qualification (modèle du salaire à vie). La convention impose des obligations sur le 0 phyto, le bio, sans viande de bœuf. Les production sont mises gratuitement dans les commerce, où il y aurait un système de carte vitale où on aurait par exemple 100 euros par mois pour se nourrir avec ces produits. C’est financé par une cotisation de 8% sur la valeur ajoutée des entreprises (80 milliards par an, soit le tiers des recettes de l’agrobusiness).

2) Financement de la recherche : alors que la recherche sur de nouveaux médicaments peut coûter extrêmement cher, notamment dans un contexte où la part des budgets allouée à la santé stagne ou baisse (voir chute du PIB et financement de la santé), il serait intéressant de mettre de l’argent dans la recherche sur la malbouffe, l’alcoolisme, car elles ne coûtent pas cher et peuvent, avec prévention, permettre de désengorger les hôpitaux et améliorer fortement la qualité de vie de la population. C’est une question de planification de la santé. Mais il faut du courage pour se lancer sur un plan où les résultats ne se verront que dans la génération qui suit.

3) Le rapport à la science et à sa production : cristallisation autour des polémiques Il y a 3 fautifs, les médias, les experts et la population. Amener sur un média quelqu’un qui dira « je ne sais pas », ce n’est pas possible dans les médias mainstream. Autre souci, les gens ont envie d’entendre des avis et on arrive à 60% des gens qui ont un avis positifs sur la chloroquine alors qu’à ce moment, on ne sait rien sur l’efficacité du traitement. Dernier fautifs, les pseudo-experts qui donnent des avis sans savoir.

4) La hiérarchisation des services de soin est obsolète : les grands professeurs de médecine ne doivent pas avoir d’autorité sur les compétences médicales vers les autres médecins. Stop au mandarinat qui est très machiste. Les médecins en plateaux ont le même niveau de connaissance que les autres à ce stade de la maladie et on se demande si, en étant dans les médias tous les jours, quand ils ont le temps de s’occuper de patients.

5 ) Financement de la recherche SIGAPS : sortir de la course à la publication pour avoir des financement. Politique du chiffre délétère car quand on se tient à jour de l’état de la recherche, on est pollué par le nombre de publications inutiles. D’autant plus quand on voit que la demi-vie d’une découverte médicale à 7 ans… Mieux vaut produire du qualitatif que du quantitatif.

6) Interdiction du cumul du mandat de chef de service hospitalier avec la fonction de professeur. Ceci génère une quadruple casquette : médecin / chef de service / chercheur / enseignant qui : - concentre trop les pouvoirs - est contre productive (il n’est pas possible pour une personne d’effectuer avec sérieux tout cela en même temps). C’est une mesure gratuite qui serait bien utile !

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Instaurer une politique de santé publique et de prévention

Thème : L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Initialement centraliste téléphoniste dans l’armée de terre, elle a du se reconvertir lorsque son métier a disparu. Mutée dans une base aérienne en Provence comme informaticienne-dépanneuse, elle a redémarré en bas de l’échelle des compétences, surtout sur le tas, un peu par des formations professionnelles et des stages. Elle a été affectée en détachement sur un site, qu’elle connaît par coeur depuis 8 ans d’exercice. Mais ce site est en passe de fermer dans le cadre des politiques d’austérité, ce qui implique de devoir redémarrer ses apprentissages ailleurs et révéler aux autres qu’elle est peu formée à l’informatique, alors qu’elle est pour le moment incontournable sur son site, car elle connaît tout le monde. Elle craint surtout la mutation parisienne, car son salaire serait insuffisant pour un loyer et les enfants, qu’elle élève seule depuis la séparation d’avec son conjoint.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Elle connaît deux difficultés majeures, toutes les deux liées aux politiques d’austérité qui frappent l’armée française.

(1) Les fermetures de site déqualifient le personnel et imposent de repartir de 0 durant la carrière à de nombreuses reprises. Il est impossible de progresser, au rythme des logiciels successifs et des problématiques très différentes d’un site à l’autre. A peine a-t-on le temps d’apprendre à maîtriser un « process » ou un environnement de travail qu’ils sont remplacés ou fermés.

(2) L’externalisation des activités lui retire le travail le plus intéressant au quotidien. Désormais, des prestataires Orange ou Bouygues entretiennent les systèmes ou réparent les applications. Alors qu’elle a été recrutée puis (à peu près) formée à l’informatique, elle se retrouve à passer des marchés publics, attendre les intervenants sans rien faire, ouvrir la porte à des prestataires, les surveiller pendant qu’ils travaillent pour garantir le respect du confidentiel-défense…

Le tout, sans disposer d’un téléphone mobile qui permettrait au moins d’avancer dans le traitement des mails tout en surveillant les prestataires. Elle a donc le sentiment de jouer un rôle de gardiennage et d’accompagnement, pas de technicienne qualifiée. En outre, elle doute des économies tant promises : certes, les intervenants extérieurs « coûtent moins cher » (pas de pensions de retraite…), mais en attendant, de nombreux personnels publics se retrouvent désoeuvrés et sans activité productive.

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

Elle a 2 stratégies essentielles pour faire son métier malgré les contraintes : (1) Elle se montre désagréable avec certains prestataires pour limiter leur intérêt à intervenir et, ainsi, proposer à ses supérieurs de les remplacer lorsqu’il y a urgence et qu’ils rechignent à venir. (2) Elle copine avec les responsables d’unités sur sa base, afin de pouvoir faire des réparations en-dehors des circuits officiels : ils l’appellent sur son téléphone portable, elle intervient sur le matériel librement, et aucun ne déclare l’incident aux supérieurs ni ne le reporte dans les outils de gestion.

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Une proposition de loi

Précisez

Accord obligatoire des salariés/personnels pour externaliser une prestation. Elle souhaiterait que les salariés d’une entreprise/les personnels d’une administration soient systématiquement consultés lorsqu’une tâche est externalisée. Le raisonnement comptable ne permet pas de prendre des décisions éclairées, et les économies budgétaires sur le papier représentent aussi, souvent, des pertes de compétences que l’on paie à long terme.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Encadrer la sous-traitance et étendre la responsabilité juridique, sociale et écologique des donneurs d’ordre

Thème : L’urgence écologique, L’urgence démocratique

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son métier

Quel est son parcours ?

Après une licence d’études franco-allemandes entre Clermont-Ferrand et Regensburg, Valerie effectue un master Affaires européennes à Paris. Elle entre ensuite en thèse de doctorat en sociologie, qu’elle accomplit sur la thématique de la prévention des risques nucléaires. Depuis 5 ans, elle travaille dans une unité mixte de recherche affiliée au CNRS.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

A partir de ses travaux scientifiques (observation des réunions européennes entre responsables de la production nucléaire, entretien
avec des travailleurs de l’industrie ou des décideurs politiques), elle
montre notamment comment les régulateurs de l’énergie nucléaire en Europe s’accommodent des dangers de cette filière en développant des normes de mesure et d’évaluation destinées à en minimiser les conséquences et à invisibiliser les incidents réguliers. En bref, elle explique comment la régulation du nucléaire vise moins à en prévenir les risques qu’à empêcher les contestations.

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

Elle publie des articles scientifiques et intervient auprès des collectifs de riverains ou des travailleurs du nucléaire.

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Interpeller des élu·es et/ou l’administration

Précisez

Rappeler leurs responsabilités civiles et pénales en cas d’accident
pour les obliger à reprendre en main le dossier de la sécurité des
riverain​.es.

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

Une proposition de loi

Précisez

Fermeture progressive des centrales nucléaires avec rétroplanning précis du remplacement kwH

Imposer la responsabilité financière pour tout accident à EDF qu’à la
collectivité - ce qui ruinerait la société au cas où ce risque se
réaliserait.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Adopter un plan de transition énergétique vers le 100% énergies renouvelables avec un double axe sobriété/efficacité énergétique

Abandonner l’opération du grand carénage visant à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans

Abandonner les projets d’EPR (Flamanville et Hinkley Point), d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

Rendre publiques les données sur l’enfouissement des déchets
nucléaires depuis 60 ans et informer sur les dangers sanitaires avérés et/ou éventuels

Créer un pôle public de l’énergie pour mener une politique cohérente
en renationalisant EDF et Engie (ex-GDF) en lien avec des coopératives locales de production et consommation d’énergies renouvelables et favorisant l’autoproduction et le partage des excédents

Thème : L’urgence sociale

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Autre

Précisez

Son parcours personnel

Quel est son parcours ?

Sacha a 27 ans et est un étudiant en science politique à Paris. Il a grandi dans une famille violente (les deux parents) et a réussi à en partir à sa majorité. Depuis une dizaine d’années, il mène ses études supérieures dans une situation de grande précarité sociale et économique. S’ajoute à cela, l’humiliation de devoir partout chercher des aides et le stress et la charge mentale relative à cette incertitude permanente.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Situation de précarité aux multiples conséquences :

- condition étudiante : il n’a pas accès aux aides du Crous (bourse et logement) car les avis fiscaux de ses parents sont pris en compte alors même qu’il est en rupture avec eux (il doit donc payer les frais universitaires etc. alors qu’il n’en a pas les moyens)

- logement : il se loge dans le parc privé car ne peut pas bénéficier des HLM

- nourriture : n’ose pas bénéficier des associations de solidarité (Restaus du coeur, etc.) / se « nourrit très mal », ne peut pas matériellement cuisiner dans sa chambre de bonne de 9 m²

- santé : n’a pas recours aux soins la plupart du temps de peur de payer. Ex. du port du masque qui n’est pas gratuit, il réutilise le même pendant au moins une semaine

Quels sont les moyens d’actions auxquels il a recours ?

- emploi étudiant pendant toutes ses études + années de décrochages pour travailler

- entraide et solidarité dans le voisinage (pour la nourriture, les cigarettes, les cafés)

- dettes et crédits chez les commerçants du quartier

- petits boulots informels (écrivain public du quartier contre un billet par ci par là, revente d’objets récupérés sur Le bon coin)

Qu’est-ce qu’il propose de faire ?

Interpeller des élu·es et/ou l’administration

Précisez

Interpeller les syndicats étudiants sur la lutte contre la précarité

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Instaurer une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, sous réserve d’une formation qualifiante et sous condition de ressources

Autre mesures

- prise en compte des situations de rupture familiale pour bénéficier des aides du Crous sans tenir compte des revenus des parents

- multiplier les points d’accès aux droits pour connaître les aides existantes

- recevoir salaires et chômage à date fixe chaque mois (les délais de versement variables selon les entreprises et Pôle emploi compliquent la gestion déjà serrée de l’argent) (ex. il a été payé pour son service civique seulement au bout du 3e mois !)

- mettre fin aux systèmes de garants pour le logement qui sont trop discriminants (revenus de garants « riches » ou organismes garants de solidarité qui sont stigmatisés par les propriétaires car dédiés aux pauvres)

- plafonnement des frais bancaires

Thème : L’urgence sociale, L’urgence démocratique

Pourquoi avez-vous souhaité auditionner cette personne ?

Son engagement (associatif, politique, syndical)

Précisez

Création d’un collectif de quartier sur la sécurité

Quel est son parcours ?

Annick est économiste et a de très bons revenus. Elle habite depuis 2007 dans le quartier de la grange aux belles à Paris, qui est un quartier plutôt populaire.

Quelle est la situation exposée par la personne auditionnée ?

Création d’un collectif de quartier autour des enjeux liés à la sécurité des riverains face aux trafics (drogue, scooters), aux nuisances et aux agressions dans son quartier. Elle a fait face à de nombreuses tensions et agressions verbales de la part de ses voisins qui l’accusaient de racisme à propos de son engagement sur l’insécurité. Elle a mené fortement la mobilisation des riverains (courriers, interpellations des élus, manifestations avec casseroles dans l’hôtel de ville, etc.)

Quels sont les moyens d’actions auxquels elle a recours ?

- création d’un collectif de quartier

- appels à la police

- courriers aux élus de l’arrondissement

- participation à la vie associative du quartier

Qu’est-ce qu’elle propose de faire ?

De l’auto-organisation (action, manifestation,…) / Interpeller des élu·es et/ou l’administration

Précisez

Appels en série au commissariats parisiens pour constater combien de temps d’attente et les discriminations (attente différenciée en fonction des appels)

Redistribuer les subventions publiques à de nouvelles associations (contre le clientélisme)

Créer des lieux collectifs qui permettent une harmonie dans le quartier.

Mesure(s) contenue(s) dans l’Avenir en commun qui permet(tent) de répondre à la situation discutée

Faire la police républicaine. Interdire les tasers et flash-balls, les LBD 40 ainsi que les grenades de désencerclement pour favoriser la désescalade des affrontements

Autre mesures

Création d’une mission locale pour aider à l’embauche, recherche de stages ou d’emplois

Augmenter les effectifs de la police de proximité pour assurer une plus grande présence

Créer des lieux conviviaux à proximité des habitats (cafés multiservices, cours, échange de vêtements)