Communiqué du Collectif Rail et de l’Espace des Luttes de la France Insoumise

dans Espace des luttes

SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE : La grande braderie commence !

La nouvelle est tombée. La ministre des transports a annoncé que l’Etat lance un appel d’offre sur deux lignes Intercités, Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux. Il n’aura fallu que peu de temps après la lutte historique des cheminots du printemps 2018, contre la réforme préparant la concurrence, pour que l’Etat lui ouvre la porte.
Sans compter que les lignes ont fait l’objet récemment de gros travaux de modernisation et que le matériel a été renouvelé. Belle opération pour le privé qui viendra à répondre et remporter l’appel d’offre sans oublier les subventions d’exploitation. Ceci sans oublier que la mise en concurrence n’améliorera pas l’offre en matière de desserte.

« En même temps », le timing est bon. Le 28 décembre dernier, le gouvernement a publié les décrets d’application du transfert de personnel de la SNCF, les conducteurs et les agents d’accompagnement des trains (contrôleurs) de ces lignes seront les premiers à faire les frais d’un passage au privé. En effet, si le travail sur les lignes cédées représente plus de 50% de leur activité, leur transfert peut être imposé et, en cas de refus, la protection qu’offrait le statut de cheminot n’aura plus aucune utilité ; tout refus entraînera une procédure de rupture de contrat comme pour n’importe quel salarié du secteur privé devenu, depuis les ordonnances Macron, taillable et corvéable à merci. Comme quoi au travers de la réforme le gouvernement a fait que les cheminots ne seront plus salariés d’une entreprise mais une force de travail d’une branche transférable à souhait au grès des conventions. Un recul énorme en terme de protection des travailleurs.

En ces temps d’urgences sociales et écologiques, le France Insoumise réaffirme ses valeurs de défense des services publics. Le ferroviaire, transport écologique, d’intérêt général et garant de l’équilibre des territoires, ne peut être soumis à la loi de la concurrence, néfaste à la notion même de service public. Et quand bien même les paquets ferroviaires et traités européens imposent cette concurrence, si le gouvernement ne souhaite pas y désobéir et les appliquer à la lettre en bon élève, la France Insoumise lui rappelle qu’il existe une Directive européenne qui prévoit que dès lors qu’un service public est reconnu d’intérêt général, l’Etat peut se passer d’appel d’offre et dans le cas présent choisir la SNCF comme seul prestataire du ferroviaire en France.
Il est aussi urgent de relancer les relations province-province en train plutôt qu’en cars Macron. Enfin, la France Insoumise dénonce les décrets d’application du transfert de personnel de la SNCF et réaffirme son attachement au droit du travail et au Statut des cheminots qui est garant d’une excellence du ferroviaire en matière de sécurité.

Après la SNCF à qui sera le tour ? La Santé, l’Ecole ?

IL N’Y A PAS DE RÉPUBLIQUE SANS SERVICES PUBLICS !

Kevin Kijko, Co-animateur du livret transports et du collectif rail, et

Philippe Juraver, Co-animateur de l’Espace des Luttes.