Synthèse sur le chapitre 3 « Défendre l’écologie et la santé en dégageant les lobbys »

Document programmatique européen : Synthèse des contributions des insoumis⋅es sur le chapitre 3 « Défendre l’écologie et la santé en dégageant les lobbys »

Synthèse réalisée par Olivier Plumandon (FE), Manon Bourel (24), Jérôme Schmitt (45), David Pellicer (82), Claude Michel (13) et Elisabeth Alazard (75) sur la base des 64 contributions déposées.

Les insoumis⋅es se prononcent pour une Europe tournée vers la protection de l’environnement, engagée dans la transition écologique et énergétique, déterminée à lutter contre toutes les formes de pollution et à défendre des politiques de santé exigeantes pour les citoyens. En somme, une Europe qui agit dans l’intérêt des peuples européens et non ceux des lobbies, des multinationales et des plus riches.

Les insoumis⋅es estiment qu’il est du devoir d’une administration de mettre ses politiques publiques à l’abri de l’ingérence des intérêts particuliers et des conflits d’intérêts, en particulier dans le domaine de la santé.

La transition énergétique et la réduction des consommations énergétiques sont des priorités pour tout un chacun, l’énergie la plus propre restant celle que nous ne consommons pas. Nous devons allier sobriété et efficacité énergétiques pour réduire notre empreinte carbone, et le bâti est une priorité.

Agir au niveau européen pour en finir avec le nucléaire est aussi essentiel.

La cause animale est également un axe important, avec l’objectif de créer des droits nouveaux pour les animaux et la nature, et d’établir un tribunal international compétent pour les écocides.

Concernant les politiques publiques, leur défense et leur renforcement que ce soit au niveau local, national, ou supranational fait unanimité.

La PAC et la politique de cohésion sont des politiques positives pour les territoires. Et là encore l’Europe est attendue pour faire mieux avec plus, et non moins avec moins.

La réorientation de la PAC vers la paysannerie et l’agriculture durable est plébiscitée. Les insoumis⋅es souhaitent faire émerger un nouveau modèle agricole capable de garantir à chacun l’accès à une alimentation saine, durable et responsable.

On attend de la politique européenne de cohésion sa réorientation notamment vers des objectifs plus soucieux du bien commun, finançant l’économie circulaire et le développement de l’économie locale.

On attend aussi que ces politiques soient plus accessibles aux mairies, aux associations, aux petites structures et aux nouvelles formes d’organisations citoyennes tant urbaines que rurales.

Notre programme doit s’enrichir de plus de mesures détaillées pour la protection de la biodiversité et pour enrayer la nouvelle vague d’extinction des espèces.

Enfin, l’UE doit mettre fin à la libéralisation forcée et à la destruction des secteurs clefs pour les transitions écologiques et énergétiques (hydro-électricité, transport, eau, …). Et les insoumis⋅es appellent notamment, pour les contrer, au lancement de grands plans d’investissement public pour les énergies renouvelables, les transports multimodaux propres, le ferroutage public, à favoriser la gratuité des transports publics dans les villes,…

Les insoumis⋅es font les propositions suivantes : 

  1. Santé, environnement, écologie, biodiversité

  • Instaurer une règle verte européenne

  • Remplacer le marché carbone par une taxe carbone dissuasive et un principe pollueur payeur

  • Favoriser les pratiques écologiques et pénaliser les pratiques polluantes par la fiscalité

  • Lutter contre l’obsolescence programmée

  • Interdire l’exportation des déchets européens vers d’autres pays

  • Financer l’économie circulaire notamment via la cohésion et la PAC

  • Contrôler davantage les agences européennes s’occupant des questions de santé et des médicaments pour en finir avec les lobbies et les conflits d’intérêts

  • Empêcher la privatisation des soins de santé en Europe

  • Créer de nouvelles aires protégées terrestres et marines

  • Lancer un programme européen de nettoyage des océans (plastique et autres pollutions) et protéger le littoral

  • Développer l’agriculture urbaine et favoriser la végétalisation des villes

  • Lancer un grand plan de protection des pollinisateurs

  • Enrayer l’extinction des espèces sauvages, animales comme végétales

  1. Agriculture, alimentation, animaux

  • Charte européenne des droits des animaux

  • Renforcer les règles et contrôles du label bio, créer d’autres labels exigeants, et rendre obligatoire l’affichage, pour l’agriculture intensive, des traitements chimiques utilisés

  • Mettre fin aux subventions pour l’élevage industriel

  • Financer les circuits courts, l’agro-écologie, la permaculture, l’agriculture bio

  • Aider les agriculteur⋅rice⋅s qui veulent sortir de l’agriculture conventionnelle et non durable

  • Interdire tous les produits phytosanitaires dangereux pour la santé et l’environnement

  • Rompre avec le droit européen de la concurrence pour favoriser les productions bio et locales (ex des cantines scolaires)

  • Sortir les produits agricoles des logiques de cotations boursières

  1. Transport, énergie

  • Allier sobriété et efficacité énergétique

  • Grand Plan d’Investissement européen pour les énergies renouvelables

  • Favoriser la production locale d’énergie

  • Prioriser le développement des transports non polluants, peu polluants et les transports en commun

  • Développer le transport ferroviaire et le ferroutage publics au niveau européen

  • Stopper les privatisations des secteurs de l’énergie et des transports

  • Relocaliser l’activité productrice

14 réflexions au sujet de “Synthèse sur le chapitre 3 « Défendre l’écologie et la santé en dégageant les lobbys »”

  1. Bonjour,
    Il serait mieux de remplacer « Lutter contre l’obsolescence programmée » par « Interdire l’obsolescence programmée » afin de mieux afficher notre volonté politique sur la question.

  2. Il serait plus que souhaitable donc urgent d’instituer des droits à tous êtres vivants non humains, n’oublions pas que nous ne sommes pas les seuls (les humains​.es ) à vivre sur la planète Terre .…et que ces mêmes êtres non humains sentients participent à un niveau tout aussi élevé si ce n’est plus que l’humain à garantir sa biodiversité.
    Il serait tout aussi urgent_ d’arrêter tous les élevages industriels
    _ d’arrêter les transports de la honte des animaux, êtres sentients !
    _ de fermer les abattoirs industriels (le summum de la maltraitance animale et humaine)
    _de s’occuper réellement du bien être animal
    Enfin instaurer l’apprentissage de l’empathie envers tous les êtres vivants sur cette planète dans le cadre de l’Éducation Nationale.

  3. Je suis ravie de lire Rémi Duflot qui propose » d’ajouter le développement des médecines douces et préventives  » dont il n’est absolument pas question dans le livret Santé.
    En effet on refuse ‚par ex des autorisations de mises sur le marché sur tel ou tel médicament au prétexte que son efficacité ne serait pas prouvée ( bien que ce soit le cas souvent) alors que des médicaments dont les effets secondaires sont bien prouvés et largement détaillés sur les notices, et parfois reconnus comme très nocifs ‚eux bénéficient de ces autorisations.
    Je souhaite fortement pouvoir compléter le livret avec ce sujet

  4. Merci pour ce travail de compilation des différentes contributions. 

    Dans la lignée des livrets de l’Avenir en Commun, il me semble qu’il manque une certaine cohérence et articulation entre les différentes propositions. Pour l’instant - mais je suppose que c’est normal à cette étape-ci - ça fait plus penser à un catalogue qu’à un programme. 

    Bien que la santé soit liée à la qualité de vie et l’environnement des personnes, pour ne pas faire de ce chapitre un chapitre fourre-tout, il serait sans doute plus judicieux de mettre ce thème en lien avec la question des services publics. 

    Ensuite, pour donner une cohérence aux différents thèmes traités, ils peuvent être placés sous le « parapluie » de la transition écologique (en lien avec l’urgence climatique) et des biens communs. Pour les décliner par la suite de manière thématique (énergie, agriculture, écologie, eau, etc.) en suivant le fil rouge du changement de modèle de production et de consommation. Et en soulignant les implications/avantages au niveau social (combattre la précarité énergétique, faire face aux déséquilibre du territoire, créer massivement des emplois climatiques). 

    Sur plusieurs points, les propositions demanderaient à être précisées (par exemple, nous n’avons pas besoin uniquement d’un plan d’investissement massif pour les énergies renouvelables mais également pour les rénovations énergétiques) pour anticiper les attaques des futurs adversaires et donner de la crédibilité à notre programme. 

    Merci et bon courage pour votre travail !

  5. Bonsoir,
    Dans la logique de mes commentaires sur la synthèse générale, et pour être plus précis sur un certain nombre de points, je propose de renommer ce chapitre et de le compléter comme suit :

    3) DÉFENDRE LA PLANÈTE ET LA SANTÉ EN PROMOUVANT UNE VÉRITABLE TRANSITION ÉCOLOGIQUE
    • Instaurer une règle verte européenne
    • Interdire toute nouvelle exploitation d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, gaz de schistes) dans l’UE
    • Proposer un plan d’investissement pour une Europe avec 100% d’énergies renouvelables et un plan européen de ferroutage, afin de réduire notre empreinte carbone, notamment dans les transports et la production de produits manufacturés.
    • Arrêter la privatisation et la destruction des services publics nécessaires à la transition énergétique (train, barrages hydroélectriques, etc)
    • Abandonner le marché carbone et le remplacer par des interdictions et taxations des pollutions
    • Interdire le glyphosate, la culture et l’importation d’OGM et proposer un plan de sortie des pesticides
    • Défendre une politique agricole commune tournée vers les petites et moyennes exploitations écologiques et paysannes pour une consommation bio et locale
    • Lutter contre la souffrance animale
    • Faire un plan pour la biodiversité en Europe
    • Faire de l’eau un bien commun, interdire sa gestion privée et garantir le droit à l’eau
    • Soutenir la proposition d’un tribunal international de Justice climatique et contre les écocides (crimes écologiques) pour juger les États et multinationales
    • Interdire les perturbateurs endocriniens
    • Protéger les lanceurs d’alerte
    • Mettre en place une véritable éducation à la santé dans les programmes scolaires

  6. Développer, voire imposer, la transparence entre les lobbys et les Etats (rendre public les arguments des uns et des autres, etc…) . On ne doit plus accepter les tractages de « couloirs » (discours entre soi qui dit blanc/discours publics qui dit noir), des espaces de confrontation et d’argumentation doivent être rendues visibles (chaine spécialisée) pour que chaque citoyen ait le choix de se faire une opinion éclairée. Le contrôle citoyen doit être renforcé, la possibilité de recourir en justice en groupe aussi. A l’heure actuelle, les « concertations » arrivent trop souvent en bout de chaîne alors que les décisions sont déjà prises par une minorité. Renforcer les expertises indépendantes, plurielles. Lorsqu’un processus industriel ou commercial impactant la santé ou l’environnement est lancé, on doit pouvoir y mettre fin à n’importe quel moment s’il s’avère dangereux sans attendre une « décennie » après la dernière victime.…
    Lutter contre obsolescence, favoriser l’artisanat et l’entreprise de réparation. Réintégrer des ateliers en ville.

  7. Si ce Contrat de Plan (planification écologique) demeure en chapitre 3, alors placer une introduction à celui-ci en exergue avant le chapitre 1.
    La motivation indique l’orientation. Un peuple révolutionnaire ne doit-il pas être motivé ? Motivé par cela même qui peut le dépasser.
    Je rejoins aussi certains commentaires judicieux qui redoutent une « liste à la Prévert »…
    La précision montre la grande préparation à tous les niveaux du Plan mais faudra-t-il nécessairement laisser cette accumulation (qui veut n’oublier rien ni personne) au moment de l’écriture finale rendue publique au risque de noyer le tout.

  8. bonjour,
    Merci pour ce travail. Je regrette que l’essentiel soit présenté sous forme de catalogue alors que les livrets, notamment Agriculture, de l’Avenir en commun, articulaient une transition écologique, agricole, énergétique, alimentaire avec des revendications immédiates et plus lointaines. La réorientation de la PAC est un terme bien trop faible. C’est une refonte totale des aides agricoles pour soutenir une transition du modèle agricole vers un système de petites et moyennes fermes, coopératives , aux objectifs énergétique , alimentaire et environnementaux ambitieux, qu’il faut conduire.
    Cela vaut pour les autres champs, il faut arriver à cette articulation.
    Et surtout, surtout , la question sociale, redistributive, doit apparaître aussi à chaque revendication « écolo », création d’emplois (cf campagne emplois pour le climat au niveau européen), des emplois locaux, qualifiés, durables et qui ont du « sens » au niveau humain. Des transports, de l’énergie, c’est aussi une mesure sociale, d’égalité des territoires et des citoyens.
    Il faut absolument tout articuler et éviter le catalogue de mesures …
    je sais que le travail est difficile mais les livrets étaient très très bien (agriculture et planification notamment)
    Merci !
    Laurence Lyonnais

  9. Lancer un plan d’action pour informer les populations sur l’urgence de diminuer les consommations de protéines carnées, afin de cultiver des produits destinés à la consommation humaine et non pas animale ce qui sera bénéfique pour la santé et donc moins de profits aux lobbys pharmaceutiques et aussi pour lutter contre la maltraitance animale.

  10. réduire notre empreinte carbone, et le bâti est une priorité.: il faut ajouter le transport et le consommation de produits manufacturés.

    Tribunal international compétent pour les écocides je crois que c’est une idée très importante qui peut susciter beaucoup d’adhésion.

    Financer l’économie circulaire notamment via la cohésion et la PAC : la cohésion ? entre qui ? quoi ? je ne comprend pas.

    Développer l’agriculture urbaine et favoriser la végétalisation des villes. Attention derrière agriculture urbaine il se cache plein de choses différentes dont des mode de production, high tech, énergivore et basé sur la chimie. Végétalisation des villes c’est très bien ca va avec viré les voiture.

    Je propose d’ajouter le développement des médecine douce et préventive, autorisation de l’herboristerie, développement Européen des formations (Il y a un verrou Européen sur l’enregistrement de ce qui est considérer comme médical ou non, bien entendu sous la main de lobby pharmaceutiques), toute médecine non chimique est proscrite, même pour les plantes dont proviennent les molécules actives ! C’est une marchandisation de ce qui est commun, libre.

    L’étiquetage des traitements chimiques me parait infaisable. par contre une indication obligatoire sur les mode de production (des grande famille) me parait très pertinent.

    Il faut rajouter l’étiquetage sur la qualité nutritionnelle des aliments. Le système existe mais ca mise en œuvre est complétement paralyser par les lobbys, c’est un bon exemple à mettre dans cette partie. comment les lobby sont un frein à l’intérêt générale sur la santé. 

    Interdire tous les produits phytosanitaires dangereux pour la santé et l’environnement. Ne pas utiliser le terme « phytosanitaire » (le médicament des plantes) mais le terme de pesticide. « phytosanitaire » est une déformation de langage instituer par les firmes, les plantes malades mérite bien des médicaments, sauf d’une « mauvaise » herbes et les insectes phytophages ne sont pas des maladies.

    Sortir les produits agricoles des logiques de cotations boursières : A défaut d’y parvenir faire des cotation pour le marché intérieur Européen (s’isoler des marchés américain, chinois et brésilien fera déjà beaucoup de bien). 

    Energie. transport :
    Il faut réaffirmer ici ce qui est dit en intro, sortie du nucléaire, gratuité des transports publics dans les villes.

    Réduire considérablement le transport automobile urbain. Regagner l’espace dédier au voiture pour végétalisé les villes, créer des aires de jeu, de sport, de potagers partager, autoroute à vélo etc… (en dépis des lobby automobiles). C’est un autre très bonne exemple (avec l’agriculture, l’agroalimentaire, et les médicaments).

  11. J’aurais tendance à insister dès le début sur la transformation de l’agriculture et à mettre en valeur le rôle du paysan, de l’apiculteur pour la sauvegarde de nos écosystèmes, de la santé et de la vie.
    Ici nous tournons complètement le dos à l’appât du gain, pour d’autres valeurs sociétales, une autre civilisation que celle vers laquelle on nous pousse. Plus locale, plus conviviale, moins énergivore.
    Les besoins industriels doivent être la conséquence de notre connexion capitale à la nature et à l’univers, de notre alimentation, de notre rythme de vie, de la qualité de l’air… Une autre vie diminue les besoins de consommation artificiels.
    Mettre l’accent sur le professionnel du vivant, de la nature, ne serait-ce un moyen de ramener à la FI de nombreux agriculteurs découragés et tournés vers l’extrême-droite démagogique !

  12. Féderer et unir la recherche et les scientifiques européens autour du changement climatique, de la 6ème extinction, et de la transition alimentaire.

  13. Lancer un grand débat européen autour de la place des animaux, des non-humains, dans nos sociétés. La 6ème extinction des espèces se déroule dans le déni général, il faut faire entendre ce qui nous arrive. C’est aussi important, et politiquement aussi déterminant, que le changement climat (c’est d’ailleurs indissolublement lié). Mais peut-être que l’expression « 6ème extinction » peut frapper et faire réagir plus vite que « changement climatique ». La liste et la prise de conscience des espèces (animales et végétales) disparues ces 20 dernières années peut faire réagir plus concrètement que 2/3ou 4 degrès qui peuvent ne pas signifier grand-chose pour des non-scientifiques.

  14. Il serait judicieux aussi de relancer la recherche fondamentale pour l’étude du vivant afin de trouver des nouvelles pistes et des applications en agriculture.
    Penser aussi aux énergies renouvelables, notamment la géothermie pour la production sous serre.

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