Synthèse sur la chapitre 4 « Faire la paix en dégageant les fauteurs de guerre »

Document programmatique européen : Synthèse des contributions « Faire la paix en dégageant les fauteurs de guerre »

Synthèse réalisée par Antoine Drouillard (33), Anne Bourgogne (30), Lucie Kirchner (75), Hasna Ismaël Ali (31), sur la base des 45 contributions déposées

La majorité des contributions vont dans le sens du texte initial et proposent des reformulations, des compléments argumentaires ou des points programmatiques complémentaires qui sont très utiles pour la consolidation d’une deuxième version du texte. Cependant certaines des propositions initiales ont suscité plus de réactions et de points de vue divergents ; notamment la formulation du titre, la question de la défense européenne et de la façon de sortir du nucléaire. Ces points reflètent différentes sensibilités d’opinion au sein de la France insoumise. Enfin, plusieurs propositions additionnelles ont été faites qui pourraient permettre d’enrichir le chapitre ou les items existants.

Une dizaine de contributions proposent de reformuler le titre. Certains jugent le mot « dégager » trop agressif et proposent une tournure plus positive. D’autres pointent le manque de clarté sur ce que contient le terme « fauteurs de guerre ». La formulation alternative suivante a été relayée plusieurs fois  : « Faire de la paix en Europe une priorité ».

Combattre les causes de l’exil forcé (guerres, accords économiques inégaux, changement climatique), accueillir dignement les exilé·e·s et abandonner les directives Dublin.

La plupart des contributions sur ce point sont des compléments ou des propositions de reformulations.

Sur la question de l’accueil, plusieurs contributions souhaitent préciser l’abandon des directives de Dublin ainsi que les accords de gestion humanitaire et administrative par des pays hors UE. (Turquie, Libye…).

Les propositions complémentaires suivantes ont été faites :

  • Faciliter l’accès des exilé·e·s à un titre de séjour, aux droits et à des moyens de subsistance.

  • Promouvoir dans l’UE des politiques nationales d’attributions de visas qui ne soient limitées que par un contrôle de sécurité.

  • Lutter contre le néocolonialisme et la prédation sur les richesses naturelles et promouvoir un protectionnisme solidaire européen pour refuser tout accord de libre-échange qui entraînerait du dumping social et environnemental. (Répétition avec chapitre 2 du programme)

En finir avec Frontex qui transforme la Méditerranée en cimetière

Sur le fond, une proposition a été faite de « Transformer Frontex en organisme de secours ».

Sur la forme, il apparaît que ce sous-chapitre pourrait être intégré au point précédent car cela relève de la politique migratoire européenne (ou il est possible de restructurer les sous-chapitres en 1. Accueillir… et 2. Combattre les causes de l’exil…)

Refuser l’Europe de la défense, à plus forte raison soumise à l’OTAN, et agir dans le cadre de l’ONU

Cette proposition est l’une des plus commentées. De nombreuses contributions proposent d’être plus explicite et de promouvoir la sortie de l’OTAN des pays membres de l’UE, comme un point à part entière.

Sur la défense européenne, des avis divergents apparaissent. Certaines contributions confirment la proposition de base - en insistant sur le risque d’une Europe de la défense incontrôlable et vassalisée à l’OTAN - mais plusieurs contributions mettent aussi en avant l’importance de bâtir une stratégie de défense européenne au service de la paix – notamment pour garantir l’indépendance de l’Europe des grandes puissances et de l’OTAN.

Il a aussi été proposé de préciser que l’action dans le cadre de l’ONU devait se faire sur la base d’un conseil de sécurité rénové.

Organiser une conférence européenne sur les frontières

  • Il n’y a pas de critique de fond de cet item mais plusieurs commentaires proposent d’être plus précis avec les objectifs de cette conférence. Les ajouts suivants ont été proposés : « Organiser une conférence européenne sur les frontières intérieures et extérieures afin de résoudre les différends par la négociation et la diplomatie. Faire de nos interlocuteurs des partenaires, non des adversaires. ».

Engager la dénucléarisation civile et militaire de l’Europe

Plusieurs contributions proposent de dissocier dénucléarisation civile et militaire car relevant de stratégies et de temporalités différentes.

Sur la dénucléarisation civile, certaines proposent de préciser que cette transition doit se faire sans avoir recours aux énergies fossiles. (lien avec chapitre 3.)

Sur la dénucléarisation militaire, certains commentaires pointent l’incompatibilité d’une dénucléarisation unilatérale de l’Europe ou de la France si l’on souhaite renforcer notre indépendance vis à vis des autres grandes puissances. Il est proposé de parler « d’arrêt de la course à l’armement nucléaire » ou d’engager cette dénucléarisation « en maintenant les conditions d’indépendance stratégique de la France et dans le cadre d’une négociation internationale ». Certains proposent de ratifier le traité sur l’interdiction des armes nucléaires

Promouvoir les coopérations internationales pour le codéveloppement

Plusieurs contributions proposent d’être plus précis sur ce point et de parler des nouveaux enjeux de coopération notamment :

    • Développer une politique africaine solidaire, en particulier face au dérèglement climatique.

    • Créer une Europe de la coopération, en particulier dans le bassin méditerranéen

    • Promouvoir la souveraineté des peuples dans leur libre disposition d’eux-mêmes.

Autres items

  • [Point spécifique] Affirmer une reconnaissance symbolique de la Palestine et mener une politique résolument tournée vers la création d’un état palestinien.

  • [Point nouveau] Créer un service citoyen européen de la sécurité civile.

  • [Point nouveau] Repenser l’industrie d’armement, limiter et mettre sous condition les exportations d’armes, notamment pour éviter leur emploi par des pays agissant hors cadre de l’ONU

6 réflexions au sujet de “Synthèse sur la chapitre 4 « Faire la paix en dégageant les fauteurs de guerre »”

  1. Je soutiens les propositions formulées pour une Europe promouvant la paix, la sortie de l’OTAN. Je pense qu’il est important de refuser la constitution d’une force militaire européenne. Une telle force pourrait non seulement être utilisée contre une ennemi tout désigné (la Russie par exemple), mais elle pourrait aussi être utilisée dans les traités actuelles contre les peuples de l’UE qui seraient récalcitrants. C’est pourquoi nous devons absolument nous opposer à la constitution d’une armée européenne.

  2. Bonsoir,

    Dans la logique de mes commentaires à propos de la synthèse générale et aussi parce qu’il nous faut être très concrets en matière d’accueil digne des migrants et pas angéliques quant aux intérêts défendus par les grandes puissances, je propose de renommer le chapitre et de le compléter comme suit :

    4) FAIRE DE LA PAIX EN EUROPE ET AVEC LE MONDE UNE PRIORITE
    • Combattre les causes de l’exil forcé (guerres, accords économiques inégaux, changement climatique), accueillir dignement les exilé·e·s et abandonner les directives Dublin.
    • Permettre aux migrants de disposer de droits, de papiers et de moyens de subvenir légalement à leurs besoins.
    • En finir avec Frontex qui transforme la Méditerranée en cimetière
    • Bâtir une stratégie de défense européenne au service de la paix, non soumise à l’OTAN, et agissant dans le cadre de l’ONU
    • Organiser une conférence européenne sur les frontières
    • Engager la dénucléarisation civile et militaire de l’Europe
    • Promouvoir les coopérations internationales pour le codéveloppement

  3. Bonjour,
    Je soutiens l’idée du titre « faire de la paix en Europe une priorité ».
    Concernant les questions des demandeurs d’asile et réfugiés, la politique commune d’asile menée par l’Union européenne s’est avérée très inefficace et bien insuffisante du fait de l’absence d’une répartition réelle et solidaire entre les Etats membres. Cela s’est avéré avec les crises migratoires récentes et comme on peut le voir encore aujourd’hui avec l’histoire de l’aquarius. Il y a une proposition de refonte de Dublin https://​journals​.openedition​.org/​r​e​v​d​h​/​3​382 mais comme à chaque fois la logique de répartition réellement efficace et solidaire des demandeurs d’asile entre les États membres de l’Union européenne et les États associés n’est pas mise en avant (c’est d’ailleurs une des causes de la montée des nationalismes, exemple Italie, qui comparé aux autres pays de l’UE, a fait face à des vagues de flux migratoires importants tout comme la Grèce).
    Sur la dénucléarisation militaire, il faut je pense mettre les moyens de lutter contre des Etats qui ne respectent pas les traités internationaux, par exemple on pourrait envisager que les Etats membres privilégient des accords et échanges avec des pays qui ont signé le traité de non-prolifération et qui n’ont pas d’armes nucléaires.
    Sur la question d’un Etat palestinien, je pense qu’une reconnaissance symbolique, quoique positive, est à proscrire. Trop de symbolisme a été utilisé du côté palestinien, sans de mesures concrètes. Il serait bien de voir une mesure européenne, comme un règlement, mise en place pour interdire l’importation de produits récoltés dans les territoires palestiniens occupées. Des mesures doivent être prises par l’UE dans le sens de la Palestine afin de garantir un retour à l’équilibre puisque les Etats-Unis ne sont que du côté israélien. A ce titre, il faut combler la décision américaine de réduire de moitié sa contribution à l’UNRWA, garant d’une certaine stabilité au Moyen-Orient et surtout de la vie de centaines de milliers de réfugiés palestiniens. De même que le rapport des consuls européens à Jérusalem doit avoir une suite concrète, en concertation avec la société civile.
    Sur la question de l’ONU, il semble important de repenser le conseil de sécurité, de sorte à ce que ce ne soit pas toujours les mêmes qui décident. L’Europe doit également envisager la question syrienne et celle du Yémen. On doit avoir conscience que la Turquie est en la matière un interlocuteur important. Elle doit montrer sa capacité à résoudre des conflits et reprendre une place au niveau international. l’UE doit renouer un dialogue avec le Proche-Orient (investissements culturels, économiques..) et le Maghreb et non pas seulement le Maghreb pour ce qui est de la France.

  4. Cette campagne électorale sera rude, la montée de l’extrême droite partout en Europe le montre. Prenons donc garde à notre communication sur l’immigration.
    Il faut faire attention à ne pas donner l’impression que pour nous, l’immigration n’a pas d’impact sur une partie de la population. Beaucoup de personnes associent leurs critiques de la politique qu’ils subissent à ce que couteraient les demandeurs d’asiles.
    Je crois qu’il est nécessaire de coupler notre volonté d’accueillir dignement, humainement les femmes et les hommes qui fuient la misère et la guerre à notre soutient aux personnes en difficultés sociales ici. Les critiques qui nous serons faites accentuerons le sentiments d’abandon d’une partie de la population.
    Effectivement exprimons clairement que notre volonté est de stopper les raisons économiques, écologiques, politiques de l’émigration. Que maltraiter celles et ceux qui arrivent chez nous, ne nous apportent rien, ne fait qu’aggraver le sentiment d’insécurité que donne les bidons villes, les squats…l’Europe doit absolument avoir une politique humaine de l’immigration, comme de la misère sociale, c’est le meilleur moyen de contrer la violence, la peur, , la montée de l’extrême droite.

  5. Je suis favorable à une dénucléarisation militaire unilatérale de la France en étant parallèlement très actif pour entraîner les autres nations dans notre sillage.
    D’une part je ne comprends pas que l’on refuse à d’autres pays de se procurer l’arme nucléaire si nous la conservons nous-mêmes (pourquoi nous et pas les autres).
    D’autre part je suis convaincu qu’un tel acte aurait un impact considérable envers les autres nations.

    Ensuite je suis pour l’arrêt de la vente d’armes à l’étranger. Cela veut dire évidemment qu’il faudra fermer des usines d’armement et qu’il faut donc préparer un vaste plan de reconversion pour les personnels qui y travaillent. Si l’on veut réellement la paix il faut,entre autre, arrêter la fabrication d’engins de terreur.

  6. Bonjour
    Je soutien l’idée d’un titre plus positif comme « faire de la paix une priorité ». Cela rappellerai que c’était le premier objectif de la construction européenne et au lieu de dire faire de la paix une priorité , il serait plus normal de dire  » garder la paix comme priorité ». Et la paix économique pourrait y trouver sa place car actuellement nous sommes en guerre économique entre pays européens avec notre « concurrence soit disant libre et non faussée » ;

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