Question écrite : Situation des salariés de Gemalto dans la localité de Marseille

M. Jean-Luc Mélenchon attire l’attention de M. le ministre de l’économie et des finances sur le plan de suppression de postes qui touche les salariés de Gemalto spécialisés dans la sécurité numérique. Actuellement 10 % des emplois sont menacés sur le territoire français, essentiellement à La Ciotat et à Gemenos autour de Marseille. Ce plan de suppression de 288 postes est la conséquence d’un manque d’anticipation de la direction. Les salariés sont aujourd’hui tributaires d’une erreur stratégique conséquente du lancement tardif de la branche cybersécurité. Cette situation s’est aggravée du fait des largesses de rémunérations des dirigeants. Ces derniers ont été les commanditaires de rachat d’actions pour une valeur de 19 millions d’euros. Ils ont par ce biais augmenté leur rémunération au mépris de toute considération éthique vis-à-vis des salariés. C’est pourquoi en 2017, l’accumulation d’une stratégie défaillante, d’une mauvaise gestion, et des rémunérations excessivement élevées, ont conduit à la dépréciation boursière des actions de l’entreprise. Gemalto a ainsi été la cible d’une OPA conduite par Atos, à hauteur de 4,3 milliard d’euros. Cette dernière a contraint à la révélation de l’OPA de 4,8 milliard d’euros menée par Thales jusqu’alors secrète. Ces OPA constituent donc la démonstration de l’intérêt porté à l’égard du savoir-faire de Gemalto en matière de sécurité numérique.

Cependant, la direction persiste à vouloir maintenir le plan d’économies de 50 millions d’euros en réduisant les effectifs. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle touche à la sécurité intérieure et à l’indépendance nationale. En effet, il apparaît primordial d’être en mesure de conserver un savoir-faire aussi technique et indispensable à la protection des données nationales sensibles liées à la sécurité d’État. Cette politique managériale apparaît être la conséquence directe du pourcentage d’actionnariat flottant s’élevant à 87 % qui pousse sans cesse une rentabilité toujours plus insoutenable sur le long terme. La financiarisation démesurée des acteurs de la sécurité et de l’indépendance nationale n’est pas acceptable. Aussi, Thalès détenue à 25,8 % par l’État français, à 24,7 % par Dassault Aviation, et n’ayant que 45,9 % d’actionnariat flottant, apparaît être le choix le plus judicieux en termes de stratégie de défense eu égard à la part de l’État dans l’entreprise et la part d’actionnariat flottant de moitié inférieure à celle de Gemalto.

Il lui demande donc quelles mesures seront prises afin de préserver les emplois sujets à suppression après l’acceptation de l’offre de Thalès par Gemalto, et quelles seront les dispositions mises en œuvre pour protéger les entreprises relevant de la sécurité d’État, et a fortiori le tissu industriel technologique français, de la financiarisation abusive de leurs actifs.

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