Depuis plusieurs mois, nous protestons contre le traitement des invitations politiques qui nous sont adressées par BFMTV. À plusieurs reprises, nos représentants ont été invités pour être déprogrammés en dernière minute, parfois à quelques instants du plateau alors qu’ils étaient déjà sur place. Bien souvent, les thèmes annoncés à l’appui de notre invitation sont changés au dernier moment, parfois directement sur le plateau sans justification. Parfois, des intervenants sont ajoutés une fois que nous sommes sur le plateau pour transformer une interview politique en débat surprise. Toutes ces méthodes sont intolérables et irrespectueuses.
Ces pratiques s’accompagnent de la dérive dangereuse dans laquelle s’enfonce la chaîne BFMTV depuis la rentrée. Ainsi, nous avons observé avec stupéfaction la place prépondérante donnée à des plateaux durant lesquels des thèses racistes ou encore des propos climatosceptiques sont monnaie courante. L’invitation de chroniqueurs d’extrême droite et le développement d’une ligne éditoriale de plus en plus consacrée à ses thèmes sont manifestes.
Nous avons dénoncé à plusieurs reprises ces méthodes auprès de la direction de BFMTV. Nous avons ainsi rappelé que les députés et porte-parole politiques ne sont pas des chroniqueurs ou des variables d’ajustement. Nous avons indiqué qu’il n’était pas question que notre temps de parole soit employé à commenter superficiellement et « à chaud » des sujets choisis davantage pour « faire de l’audience » que parce qu’ils répondent aux préoccupations concrètes des Françaises et des Français.
Nous avons également écrit à la direction de la BFMTV suite au traitement absolument inacceptable de la garde à vue de Madame Rima Hassan. Pendant plusieurs heures ont été relayées sur cette antenne, sans aucune prudence, des accusations graves sur la possible détention de drogue de sa part lors d’une garde à vue. Ces informations se sont avérées fausses mais rien n’a été fait par la chaîne pour corriger cette désinformation manifeste. Aucun correctif d’ampleur, aucune excuse.
Nous n’avons malheureusement pas été entendus. À cette heure, aucune garantie ne nous a été donnée ni aucune proposition de discussion propre à lever nos craintes pour la suite.
C’est pourquoi nous avons fait le choix de ne répondre favorablement à aucune invitation de BFMTV cette semaine. Ainsi, Mathilde Panot ne participera pas au débat organisé ce soir, et Manuel Bompard à l’émission BFM Politique initialement prévue dimanche prochain.
Nous déciderons prochainement de l’attitude à suivre par la suite, en fonction des réponses qui nous auront été apportées.
Dans la période de campagne présidentielle qui s’ouvre, chacun est devant ses propres responsabilités. En ce qui nous concerne, rien ne nous fera dévier de notre volonté de créer les conditions d’un débat digne et de qualité, permettant à nos concitoyen·nes de faire un choix éclairé. C’est là la grandeur de la démocratie.