Le 10 août 2026, un tribunal ukrainien a condamné Bogdan Syrotiuk, militant socialiste de 27 ans, à quinze années de prison pour « haute trahison », assorties de la confiscation de ses biens. Cette peine est d’une brutalité inacceptable.
Le jugement ne caractérise ni espionnage, ni sabotage, ni transmission de renseignements militaires à la Russie. Il retient comme acte de trahison la rédaction, la traduction et la publication de six articles pour le *World Socialist Web Site*, un média socialiste établi aux États-Unis. Dans ces textes, Bogdan Syrotiuk critique la politique du gouvernement ukrainien et le rôle de l’OTAN, dénonce la réhabilitation de collaborateurs nazis comme Stepan Bandera et appelle à l’unité des travailleurs ukrainiens et russes contre la guerre. Il y condamne pourtant explicitement l’invasion de l’Ukraine par le régime de Vladimir Poutine.
Ses positions peuvent être discutées ou combattues politiquement. Elles ne peuvent pas être punies par quinze années de prison et assimilées à une trahison envers l’État.
La décision ordonne également la destruction du programme de son organisation, de brochures et d’articles imprimés saisis lors des perquisitions. À la condamnation politique s’ajoute ainsi un acte de censure d’État particulièrement inquiétant.
La France insoumise condamne sans réserve l’invasion russe, défend la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ainsi que le droit du peuple ukrainien à la paix. Mais la guerre ne saurait servir de prétexte à l’anéantissement du pluralisme politique. Elle n’autorise pas un gouvernement à transformer toute contestation de sa politique en crime contre l’État.
La France insoumise demande l’annulation de cette condamnation et la libération immédiate de Bogdan Syrotiuk. Elle appelle le gouvernement français et l’Union européenne à sortir de leur silence, à demander des garanties effectives pour la procédure d’appel et à veiller au respect de la liberté d’expression garantie par la Convention européenne des droits de l’homme.
La solidarité avec un peuple agressé n’impose jamais l’alignement sur son gouvernement. Se taire devant une condamnation politique aussi disproportionnée trahirait les principes démocratiques que l’Europe prétend défendre.