Biographie

Comment a commencé ton engagement ?

Pour lutter contre l’asservissement de l’art à la finance. Parce que c’est dans ce que l’on appelle l’entreprise de culture que se façonne la langue de la domination, le langage du « spectaculaire » et des divertissements qui sont essentiels à l’absence de pensée ou au prêt à penser dans quoi on veut plonger nos contemporains. Nous sommes à un carrefour. Nous vivons une faillite à l’époque où nous devrions vivre une renaissance. Soyons debout poétiquement et politiquement avec vitalité, même si elle est désespérée, dirait Pasolini. N’ayons pas de retard d’avenir.

Parce que le théâtre n’est pas le résultat, mais constitutif de la démocratie. Parce que personne ne peut regarder une œuvre d’art sans se sentir plus libre. Parce que la démocratie ce n’est pas les autres c’est toi. Parce que l’art est un levier contre l’indifférence. Parce que la multiplication des langues est notre garantie contre la barbarie. Parce que « Nous n’avons rien fait pour qu’il n’y ait pas de fascistes. Nous les avons seulement condamnés, en flattant notre conscience avec notre indignation, plus forte et impertinente était notre indignation, plus tranquille était notre conscience » Pier Paolo Pasolini

Si nous pouvons grâce à l’art faire l’expérience de quelque chose, alors il nous est peut-être possible de modifier notre avenir, car l’expérience grave des leçons dans nos cœurs grâce à la souffrance, alors que réfléchir nous laisse intacts… Il est crucial d’enregistrer et de confier à la mémoire des événements jamais vécus – afin d’éviter qu’ils se produisent. Penser est un élément moteur d’un être humain car cela lui permet d’entrevoir son devenir révolutionnaire…

On ne sortira pas du mode social de production capitaliste sans en décomposer en nous le langage. Il ne s’agit donc pas de sortir du capitalisme, il s’agit que le capitalisme sorte de nous. »