L’un des éléments indispensables au bon déroulement d’une campagne électorale est la capacité de financement pouvant être dégagée. Cette note vise plus particulièrement à traiter la question des emprunts bancaires.

Avant toute démarche de souscription de prêt, il faut s’assurer que le score que la liste pourra atteindre lors de l’élection est supérieur à 5 %, ce pourcentage correspondant au seuil au-dessous duquel les dépenses engagées dans le cadre de la campagne pourront faire l’objet d’un remboursement.
En effet, si un candidat souscrit un emprunt bancaire et que la liste n’atteint pas les 5 %, il se devra de rembourser lui-même l’emprunt qu’il aura souscrit.

Si le score envisagé est supérieur aux 5 %, il peut dès lors être très pertinent de recourir à des emprunts bancaires personnels ou à un emprunt bancaire de financement de la liste d’un montant plus important.

Les candidats d’une même liste peuvent en effet procéder à un emprunt auprès d’une banque afin que la somme obtenue puisse constituer leur apport initial de candidat sur le compte de campagne du candidat tête de liste. Une liste de 30 candidats peut donc donner lieu à 30 prêts bancaires engagés à titre personnel et donc 30 apports personnels de candidats.

Cette possibilité doit être employée de façon méthodique. En effet, il faut éviter que les apports de candidats ne dépassent le plafond de dépense remboursable auquel cas certains candidats de la liste se verront dans l’obligation de rembourser eux même leur emprunt. Par exemple, si le plafond de dépense autorisé est fixé à 50 000 euros pour la campagne du premier et du second tour, le plafond de dépense remboursable sera lui de 23 750 euros (soit 47,5% du plafond de dépense). Or si au sein de la liste, la somme des apports de candidat équivaut à 30 000 euros et que ceux-ci sont dépensés, alors, au mieux, 6250 euros d’apports de candidats ne pourront pas être remboursés aux candidats. C’est pourquoi il est absolument nécessaire de coordonner cet aspect du financement afin d’éviter d’éventuelles déconvenues.

Toutes ces précautions prises, pour obtenir un prêt de ce type il faut :

- Entretenir d’excellentes relations avec son banquier. En effet, les banques étant très réticentes à prêter pour le financement d’une campagne, être un interlocuteur connu et sérieux est un atout.

- Apporter les éléments permettant de rassurer la banque. Il est primordial une fois encore de rassurer la banque quant aux capacités de remboursement du prêt. Pour cela, il est donc nécessaire d’étudier très finement les résultats des précédentes élections. Montrer que le score LFI sur la ville est bien supérieur au score national est un atout à faire valoir dans les négociations. À cet égard, il se peut que certaines banques demandent à ce que les prévisions sondagières soient supérieures à un certain score (souvent de quelques points supérieurs au score de 5% permettant le remboursement des dépenses). L’objectif pour la banque est de s’assurer que le score final permettra le remboursement par l’État et donc qu’elle sera immédiatement remboursée.

- Faire valoir le sérieux et la rigueur du mandataire financier. Une fois encore, il s’agit ici de rassurer la banque dans la mesure où un compte de campagne rejeté signifie le non remboursement des dépenses (et d’autres conséquences plus néfastes encore).

- Jouer sur la mutualisation des moyens. Mutualiser les capacités d’emprunt des candidats a pour effet bénéfique de permettre de solliciter des emprunts d’un montant plus susceptible d’être accepté par la banque. Obtenir un prêt de 2000 euros s’avère souvent plus facile que d’obtenir un prêt à 15 000 euros. Cette mutualisation est d’autant plus efficace lorsqu’un plan de campagne, et le budget prévisionnel permettant sa mise en œuvre, a été constitué. Cette prévision permet en effet d’ajuster les demandes de prêts en fonction des capacités d’emprunts de chaque candidat et des besoins de la campagne.