Des moyens dans la durée pour prévenir et combattre le risque de Méga feux

Incendie

Communiqué de presse du groupe parlementaire LFI - NUPES.

Conséquence du changement climatique, la France suffoque, c’est la deuxième fois en deux mois. La vague de chaleur, couplée à la sécheresse est l’une des causes majeures des incendies de forêt. Le dérèglement climatique est là et la réponse du gouvernement français est insuffisante.

Le Gard a été fortement touché autour des villes de Bessèges et des villages de Gagnières, de Bordezac. C’est au tour de la région bordelaise de connaître un épisode encore plus dramatique avec près de 20 000 hectares de forêts qui se sont embrasés. Fait nouveau, d’autres régions plus au nord sont touchées comme les Monts d’Arrée en Bretagne ou en Pays de Loire : en Anjou, en Vendée, en Mayenne, au Mans, à Nantes.

Nous adressons aux dizaines de milliers d’habitants touchés par ces incendies et aux pompiers venus les protéger, toute notre solidarité dans ces moments graves. Nous saluons les pilotes des canadairs exerçant un métier extrêmement dangereux. Mais les services de l’État manquent de moyens à tous les niveaux pour combattre les incendies et les prévenir.

D’abord, les moyens manquent aujourd’hui pour assurer la mission de protection civile. La flotte d’avions de lutte anti-feu, située à Nîmes, comprend sur le papier 12 canadairs, 7 Dash. Le 14 juillet 2019 ces 19 avions étaient en capacité de voler. Aujourd’hui nous régressons, seuls 9 canadairs, 4 Dash volent. La maintenance, assurée par l’entreprise privée Sabena Technics, n’est pas au niveau. Il y a 16 commandants de bord, alors que 22 sont nécessaires. En cause la politique menée par la direction de la Sécurité civile qui reconnaît pourtant un dispositif opérationnel tendu. De plus, régulièrement les pompiers se mobilisent pour revendiquer de meilleures rémunérations et se plaignent de sous -effectifs, comme à Caen en juin dernier, dans le Loir-et-Cher en mai, dans les Landes en avril ou à Alès en janvier.

Il est indispensable aussi de mieux comprendre les risques d’incendies et le comportement du feu, or les équipes de recherche finalisées qui travaillent sur ces sujets sont sous-dotées en moyens humains pérennes. Par exemple, à l’INRAE seulement 10 chercheurs/ingénieurs travaillent sur ces thèmes. C’est notoirement insuffisant. Il faut ouvrir des postes et titulariser les nombreux contractuels qui travaillent sur ces sujets.

Pour prévenir les incendies de forêts, nous avons aussi besoin de moyens à l’Office National des Forêts (ONF), qui a perdu la moitié de ses effectifs en 35 ans avec comme conséquence des conditions de travail très difficiles pour les agents (54 d’entre eux se sont suicidés au cours des dernières années). Il faut stopper cette hémorragie sociale qui met en danger les travailleurs et notre forêt, en assurant enfin l’ONF d’une véritable dotation de 1 milliard d’euros indépendante de la vente de bois. Cela permettrait d’assurer la transition vers des forêts mélangées avec des essences moins vulnérables au stress hydrique et aux incendies de forêt. À rebours de l’urgence écologique, le gouvernement a depuis 2017 affaibli outre l’ONF de nombreux autres opérateurs publics comme météo France, l’OFB (Office Français de la Biodiversité) ou encore en supprimant près de 15 % des effectifs. Il faut que cela cesse.

Enfin, nous devons engager une planification écologique ambitieuse pour nous sortir des énergies fossiles : nous avons besoin de transports en commun mieux dotés, gratuits dans les grandes agglomérations et d’un vrai plan de rénovation thermique des habitations. Le président parle maintenant de sobriété ! Mais la sobriété pour qui ? Nous exigeons la sobriété pour Total : ses 15 milliards de bénéfices en 2021 seraient mieux utilisés pour les grands chantiers de la bifurcation écologique, que pour engraisser les actionnaires ou lancer de nouveaux projets extractivistes.