PLF Sport 2022 : une occasion manquée de mettre l’accent sur le sport amateur.

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Retrouvez l’intervention de Michel LARIVE en commission des affaires culturelles dans le cadre de l’audition de Mme Roxana Maracineanu, ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, à l’occasion du projet de loi de finances pour 2022.

« Derrière l’autosatisfaction de la majorité et du Gouvernement concernant le budget de la mission « Sport, Jeunesse et Vie Associative », on doit considérer qu’une grosse partie de ce budget est captée par les Jeux Olympiques et Paralympiques, le Service National Universel et le Service Civique :

Le projet olympique est mené sans concertation avec les habitants et même en contradiction avec eux, au regard des nombreuses mobilisations citoyennes des derniers mois. A Aubervilliers, 4000 m² de jardins ouvriers ont été détruits. A Dugny, 80% des habitations seront en accession à la propriété au prix du marché, alors que le revenu médian y est inférieur au SMIC, avec pour conséquence immédiate, la gentrification des quartiers ! 

Le Service National Universel aurait pu être une action citoyenne majeure. Il n’en est rien. Nous avons pourtant proposé une remise à niveau des jeunes qui ont décroché du système scolaire, un bilan complet de santé, une facilité d’accès à l’examen du permis de conduite, une rémunération au SMIC… Aucune de nos suggestions n’a été retenues depuis 4 ans, laissant place à un dispositif inconséquent.

Quant au service civique, il place les jeunes dans une situation de grande précarité. L’indemnité nette mensuelle de ce dispositif n’est que de 473,04€. Avec le soutien complémentaire en nature ou financier de 107,58€ mensuels, il se situe à peine à la moitié du seuil de pauvreté. De plus, le journal Le Monde révèle que ces services civiques sont « souvent utilisés au détriment d’emplois salariés dans un secteur où les embauches sont rares », comme celui de la culture par exemple. C’est la raison pour laquelle les organisations de jeunesse souhaitent la création d’emplois jeunes avec une rémunération au moins égale au SMIC. Je soutiens cette proposition car les besoins existent et sont nombreux.

Ainsi, si on met de côté les 295,65 millions alloués aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, les 110 millions pour le Service National Universel et les 498,8 millions pour le Service Civique, il ne reste que 710 millions de crédits pour le sport, la jeunesse et la vie associative dans ce budget. Ce qui ne laisse plus grand-chose pour agir efficacement en direction du sport amateur et des associations.

Les associations sont d’ailleurs les laissées pour compte de ce budget avec une baisse des crédits alloués à l’éducation populaire et une stagnation des dotations au fonds de développement de la vie associative (FDVA), ce qui peut être assimilée à une baisse compte tenu de l’inflation. Elles ont pourtant énormément souffert pendant la crise. Elles sont d’une utilité publique incontestable quand il s’agit de nourrir les étudiants, d’organiser l’entraide dans les quartiers, d’assurer le ravitaillement des personnes les plus enclavées sur notre territoire etc.

Ce Projet de Loi de Finances, comme les précédents, est une occasion manquée de mettre l’accent sur le sport amateur. Pourtant, sans sport amateur, nous n’aurons pas de champions aux Jeux Olympiques, Madame la Ministre ! Afin de soutenir le sport amateur partout sur le territoire, nous avons fait bon nombre de propositions concrètes ces 4 dernières années. Vous avez rejeté le déplafonnement de la taxe Buffet et l’augmentation des taxes sur les paris sportifs. Vous avez ignorez nos alertes sur la contestation massive des Conseillers Techniques et Sportifs à l’annonce de leur détachement. Vous avez « oublié » la préconisation de mon collègue Bertrand Sorre et moi-même sur la sous-représentation du mouvement sportif, des communes rurales et des petites communes dans les conférences régionales du sport, lors de notre rapport sur l’Agence Nationale du Sport début 2021.

Madame la Ministre, malgré vos efforts de communication, il est clair que ce projet de loi de finances, comme les précédents, est bien loin de vos annonces « historiques » promises, bien loin d’une planification à long terme de la politique sportive tournée notamment vers le sport amateur. Nous voterons donc contre cette mission budgétaire. »