QUESTION ÉCRITE AU GOUVERNEMENT : “Restera-t-il un chant d’oiseau ?”

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Mme Muriel Ressiguier alerte Mme la ministre de la transition écologique, sur les conséquences du dérèglement climatique.

Ces dernières années, et particulièrement ces derniers mois, ont été marqués par des évènements climatiques extrêmes et particulièrement nombreux : incendies en Californie, au Canada, en Grèce, en Algérie, en Turquie, en Russie, ou encore en France, dôme de chaleur au Mexique, famine à Madagascar due à la sécheresse, ou encore les inondations meurtrières en Allemagne, en Belgique, en Inde, en Chine et au Japon. Ces évènements sont un signe fort et aujourd’hui irréfutable d’un dérèglement climatique sur lequel les associations, les ONG, les citoyens et des politiques alertent depuis plusieurs années. Le signe aussi que notre modèle ultra-productiviste qui tarit les ressources naturelles de la terre, détraque l’équilibre écologique mondial de manière irréversible. 

En amont de la prochaine Conférence internationale de Glasgow sur les changements climatiques organisée par les Nations Unies qui se déroulera du 1ᵉʳ au 12 novembre 2021, le GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU chargé de suivre l’évolution du climat, a anticipé la sortie de la synthèse et du premier volet de son rapport d’évaluation destiné aux décideurs politiques qui sera publié dans son intégralité en février 2022 après son approbation par les 195 Etats membres de l’ONU. 234 scientifiques de 66 pays ont rédigé 4000 pages à partir de 14 000 études scientifiques. 137 pages sur 4000 alertent sur l’imminente urgence écologique et les effets dorénavant inéluctables des conséquences liées au réchauffement climatique. 

Le rapport expose des projections climatiques à partir du plafond fixé en 2015 par l’Accord de Paris sur le Climat. Les pays signataires s’étaient engagés à ne pas dépasser 2°C d’ici 2050 par rapport aux températures moyennes de la période préindustrielle 1850-1900 et pour la majeure partie d’entre eux à ne pas dépasser 1,5°C. Or, en 2020, la température moyenne était déjà supérieure de 1,2°C par rapport à la période préindustrielle. L’Organisation Météorologique Internationale estime même très probable que la température mondiale annuelle moyenne soit temporairement supérieure à 1,5°C aux valeurs industrielles pendant au moins l’une des 5 prochaines années. Sans actions fortes et immédiates les pays signataires de l’accord de Paris n’auront donc pas tenu leurs engagements.

Selon le rapport du GIEC, en limitant la hausse à 2°C, le réchauffement pourrait affecter d’ici 2050, 2,5 milliards d’êtres humains dans le monde. Même en limitant la hausse à 1,5°C, les experts du GIEC estiment que cela pourrait entraîner « progressivement des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles » comme la fonte des calottes glaciaires du Groënland et de l’Antarctique de l’Ouest qui pourrait constituer un point de non retour. En effet, à elles seules, elles contiennent assez d’eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. En 2050, des centaines de millions d’habitants de villes côtières seront menacés par des vagues-submersion plus fréquentes, provoquées par la hausse du niveau de la mer. La Banque mondiale a estimé à plus de 140 millions le nombre de réfugiés climatiques dans les trente prochaines années.

Avec un réchauffement global de 1,5°C, 350 millions d’habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d’eau, 400 millions si la hausse est de 2°C.  420 millions de personnes de plus seront menacées par des canicules extrêmes. 

Par ailleurs, le rapport des experts de l’ONU pointe une baisse de 4 à 10 % de la production des principales cultures depuis dix ans. A l’échéance 2050, le manque d’eau pourrait détruire la riziculture dans 40% des régions productrices. En conséquence, à ce rythme, ce sont près de 80 millions de personnes supplémentaires qui pourraient souffrir de la faim d’ici à 2050 avec un réchauffement global de 2 °C.

Aucune réserve alimentaire et aucun repli national ne protègeront des effets du réchauffement climatique. En France, d’ici 2100, les 150 000 hectares de la Camargue seront recouverts par les eaux avec les salins et les rizières. D’autres littoraux vont être impactés comme l’Estuaire de la Gironde, le Marais poitevin ou encore la Côte d’Opale sur laquelle repose des sites sensibles : centrale nucléaire de Gravelines, 14 sites industriels classés Seveso ou l’entrée du tunnel sous la Manche. Au sud, l’Occitanie et le pourtour méditarranée seront impactés, mais aussi l’intérieur des terres et les forêts qui seront touchés par la sécheresse, les incendies, les dômes de chaleur, comme par exemple en Sologne, en Franche-Comté ou en Alsace.

Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité qui sont déjà perceptibles vont dangereusement s’accélérer. Des incertitudes subsistent autour du “point de bascule », le degré de température à partir duquel les changements provoqués seraient violents et irréversibles, et qui représente une menace réelle. De nombreux écosystèmes terrestres, marins, côtiers, ou d’eau douce sont d’ailleurs déjà proches ou au-delà des limites leur permettant de s’adapter. Le dernier rapport du GIEC conclut par cette phrase choc, témoin de la situation critique et imminente que nous vivons : « La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes », « l’humanité ne le peut pas ». 

Selon l’ONG Global Footprint Network, le 29 juillet 2021, l’humanité a franchi le jour du dépassement. Elle a épuisé les ressources biologiques que la planète est capable de régénérer en une année, 5 mois avant la fin de l’année. Nous consommons chaque année environ 74% de ressources supplémentaires par rapport à ce que les écosystèmes peuvent régénérer. Depuis plusieurs années, les pays et la communauté internationale disent se mobiliser pour faire face aux enjeux environnementaux. Les sommets et les projets de loi s’enchaînent mais la courbe du réchauffement climatique ne fléchit pas, bien au contraire, notre dette écologique continue de se creuser et les évènements climatiques extrêmes se multiplient. Malgré l’accueil, en 2015, des Accords de Paris, la France ne remplit pas ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Depuis le début de son investiture en 2017, le président de la “start up nation”, mène une politique écologique du “greenwashing” décriée de tout bord. Bien que les projets de loi se soient succédés : loi sur l’agriculture et l’alimentation, loi d’orientation des mobilités, loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, la politique verte de ce quinquennat a été une succession d’effets d’annonce, de promesses non tenues et d’inaction comme l’interdiction du glyphosate, des néonicotinoïdes, des perturbateurs endocriniens, des œufs de poules élevées en batterie ; mais aussi la fermeture des centrales à charbon ou la sortie du nucléaire. Le gouvernement aurait pu aussi affirmer une politique “verte” en organisant un moratoire sur la 5G demandé par de très nombreux élus et qualifiés d’”amish” par Emmanuel Macron ; ou un prévoyant de réelles contreparties écologiques dans le plan de relance de 100 milliards d’euros. Que d’occasions manquées !

Le journal associatif Reporterre a analysé 169 mesures prises par le gouvernement depuis 2017 en faveur de l’énergie, la mobilité, l’agriculture, le logement, le climat ou de la biodiversité et a jugé 89 mesures prises par le gouvernement actuel, nuisibles pour la planète, comme l’accord de libre-échange avec le Canada, qui aura pour effet d’augmenter les échanges et les émissions de gaz à effet de serre. Le retard de la France est tel que l ’Etat est menacé d’astreinte depuis juillet 2020 par le Conseil d’Etat de 10 millions d’euros par semestre s’il ne lutte pas davantage contre la pollution de l’air. Le gouvernement a également été jugé “responsable d’inaction dans la lutte contre le réchauffement climatique” à l’issue du procès de “l’affaire du Siècle”. 

Notre politique écologique ne peut plus reposer sur le volontariat ou être consensuelle avec les tenants du modèle économique ultra-libéral qui ravage à la fois les salariés, les animaux, et la planète. C’est pourquoi, Madame Muriel Ressiguier demande à Madame Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique, si le gouvernement a pris la mesure de l’urgence absolue de la situation et si oui, ce qu’il compte faire concrètement et dans quel délai ? 

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