Alexis Corbière : Lettre à Mme Frédérique Vidal, Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

Madame la Ministre,

 

La loi n°2016-1828 du 23 décembre 2016 portant sur les modalités d’accès au deuxième cycle de l’enseignement supérieur stipule que « l’accès en deuxième année [de Master] est de droit pour les étudiants qui ont validé la première année de cette formation ». Pour autant, cette disposition est immédiatement suivie d’une mention offrant à certains établissements la possibilité de limiter le nombre de places en seconde année en fonction de leur capacité d’accueil. Ainsi, des milliers d’étudiants se retrouvent dans cette situation absurde où, après avoir réussi leur première année de Master, ils sont contraints d’interrompre leur parcours.

Dans l’édito du programme qu’il a porté pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron disait vouloir « mettre en capacité chaque citoyen de réussir sa vie » et « remettre la transmission des savoirs (…) au cœur du projet de notre école et de nos universités ». Pour y parvenir, n’est-il pas nécessaire de revenir sur ces dispositions législatives qui parfois coupent court au projet scolaire et professionnel de certains étudiants ? Nombre d’entre eux ont pourtant la volonté et les capacités de poursuivre un cursus entamé avec brio. Il n’est donc pas acceptable que l’État ne déploie pas les moyens nécessaires à l’émancipation et à la formation de tous ces étudiants. Car ce n’est bien, ici, que de moyens financiers, matériels et humains dont il est question.

Madame la Ministre, vous avez fait le choix de renoncer au tirage au sort pour l’accès à l’Université et c’est une décision qui vous honore. Pour autant, je crois qu’il faut aller plus loin et veiller à ce qu’en aucun cas nos universités puissent être une barrière matérielle à l’accomplissement du parcours scolaire d’un étudiant. Il en va de la responsabilité de l’État sur ce thème si crucial de l’enseignement et de la transmission des savoirs.

 

Dans l’attente de précisions concernant vos projets sur ces questions, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.